Confinement : la nature reprend ses droits en centre-ville de Toulouse

Avec le confinement, la flore sauvage s'épanouit sur le bitume toulousain. De nouvelles espèces font leur apparition dans les rues de la ville rose. Visite guidée avec Boris Pressecq, botaniste au Museum d'histoire naturelle de Toulouse.

L'orpin à petites feuilles s'est épanouie en toute liberté du toit jusqu'au sol, le long de cette gouttière.
L'orpin à petites feuilles s'est épanouie en toute liberté du toit jusqu'au sol, le long de cette gouttière. © FTV
Pour qui a l'oeil et le temps, il fait bon constater, en ce temps de confinement, la revanche de la flore sauvage sur le minéral, dans nos centres-villes.

Moins (beaucoup moins) de voitures donc de pollution, moins de passages sur les trottoirs, moins de mains arracheuses de ce qu'elles croient être des mauvaises herbes, et bien sûr, moins d'interventions des agents de la ville, et voilà la nature qui reprend ses droits, en des endroits parfois inattendus.
Cette fougère originaire d'Asie du sud-est se plaît visiblement au contact de la brique toulousaine.
Cette fougère originaire d'Asie du sud-est se plaît visiblement au contact de la brique toulousaine. © FTV
"C'est une plante exotique", explique Boris Pressecq, "alors, pour certains naturalistes, ce n'est pas forcément une bonne surprise mais pour les naturalistes qui apprécient toute forme de vie sauvage, c'est génial parce que ça veut dire que même des éléments qui sont bien exposés aux passages et au nettoyage des murs peuvent se développer ici". 

Boris Pressecq aime à rappeler que si les Toulousains quittaient massivement le centre-ville, celui-ci verrait rapidement apparaître un bois de figuiers et de micocouliers. Le Pont Neuf accueille d'ailleurs un nouveau pensionnaire : un minuscule platane a "fait son trou" dans la pierre. Il domine une prairie des Filtres où les tondeuses ont laissé place à une végétation qui prend une petite revanche : "Les plantes se sont épanouies, elles poussent à plus de dix centimètres du sol, donc c'est une véritable révolution", se réjouit Boris Pressecq. "On voit notamment apparaître des espèces qui ont une floraison unique mais qui d'habitude étaient fauchées régulièrement, comme les orchidées et les glaïeuls".

Et puis, l'absence des tondeuses dans les parcs, jardins et sur les rond-points de Toulouse fait le bonheur des insectes, bourdons, abeilles, papillons, qui retrouvent là un garde-manger inespéré.
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Alors, si cet épisode inédit de confinement et de ralentissement de l'activité humaine nous faisait réfléchir sur la place de la flore sauvage dans nos milieux urbains ? Car cloîtrés, les habitants des villes ont eu tout le temps de réaliser à quel point la nature pouvait leur manquer. L'occasion de lui laisser une peu plus de place désormais ?
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Voir le reportage d'Emmanuel Wat et Nathalie Fournis, de France 3 Occitanie :
Confinement et retour de la nature sauvage en centre ville de Toulouse
 


 
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