Coronavirus : Airbus réduit sa production d'un tiers, risquant d'affecter les emplois

L'A321, grande partie des commandes d'Airbus, est assemblé à Toulouse. / © AFP
L'A321, grande partie des commandes d'Airbus, est assemblé à Toulouse. / © AFP

Dans un communiqué en date du 8 avril 2020, Airbus annonce réduire d'un tiers sa production en raison de la crise sanitaire mondiale liée au Coronavirus. Pour les syndicats, cette diminution pourrait affecter les emplois du géant de l'aéronautique, et des intermédiaires et sous-traitants.

Par Karen Cassuto

Airbus revoit sa production à la baisse "pour s'adapter au nouveau contexte de marché affecté par le Coronavirus". C'est ce qu'indique le géant de l'aéronautique dans un communiqué


Les chiffres 


Des dizaines de commandes Airbus ne sont pas livrées dans le contexte du Coronavirus. Au total, 36 avions ont été livrés en mars contre 55 en février, précise le communiqué. "Cette baisse reflète les demandes de report de livraisons des clients, ainsi que d'autres facteurs liés à l'actuelle pandémie de Covid-19" rapporte Airbus.
 

Les nouvelles cadences de production : 
●  L’A320 passe à une cadence de 40 par mois
●  L’A330 passe à une cadence de 2 par mois
●  L’A350 passe à une cadence de 6 par mois

Ce qui représente une réduction d'environ un tiers, en comparaison aux cadences moyennes avant le Coronavirus.

Nos compagnies aériennes clientes sont sévèrement touchées par la crise du Covid-19. Nous adaptons activement notre production à leur situation et mettons en œuvre des mesures d’atténuation, tant sur le plan opérationnel que financier, afin de faire face à la réalité. Déclaration de Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus.


Inquiétude des syndicats


Les syndicats d'Airbus comme la CGT, s'attendaient à cette baisse de production. Néanmoins, deux possibles conséquences préoccupent Xavier Petrachi, délégué syndical CGT Airbus. D'abord, il espère que cela ne va pas remettre en cause la chaîne de production de l'A321 à Toulouse, et que cela n'engendrera pas de réductions de postes dans la Ville rose. Il affirme que l'impact au niveau des salariés, sous-traitants et intermédiaires se fait déjà sentir : "On a déjà appris que certains intermédiaires ne sont pas renouvelés". Et d'ajouter :  

J'espère qu'on ne connaîtra pas un deuxième choc similaire à celui qui s'est produit à la suite de l'arrêt des grands programmes en 2014-2015. Beaucoup de sociétés de service, de sous-traitants qui travaillaient sur ces grands programmes avaient dû reconsidérer le volume de leur charge de travail. Certains ont été réaffectés sur d'autres projets mais pas mal d'entre eux ont perdu leur emploi.

 

Pour l'instant, Airbus n'a pas eu recours au chômage partiel. En revanche, l'entreprise aéronautique impose des congés obligatoires à ses salariés. 

L’impact de cette pandémie est sans précédent. Chez Airbus, protéger nos employés et combattre le virus sont nos principales priorités en ce moment, annonce de Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus. 

Autre inquiétude syndicale : l'impact sur la recherche. "Tous les investissements considérés comme non essentiels par la direction sont gelés" explique Xavier Petrachi. Pourtant, les efforts de recherche dans la perspective d'une transition écologique sont importants pour "le jour d'après", remarque-t-il. "Penser l'avion écologique de demain nécessite un effort de recherche de milliers d'ingénieurs Airbus et sous-traitants", ajoute-t-il, inquiet que cet effort de recherche prenne fin.
 

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