Coronavirus : la fermeture des bars à Toulouse et dans l'agglo passe mal

Toulouse et 16 communes de la métropole passent en "zone d'alerte maximale" pour contenir la progression de l'épidémie de Covid-19. Réactions de gérants de bars qui doivent fermer ce lundi soir pour 15 jours.
Les bars de Toulouse et d'une partie des communes de l'agglo vont être fermés pour 15 jours à partir de ce lundi minuit.
Les bars de Toulouse et d'une partie des communes de l'agglo vont être fermés pour 15 jours à partir de ce lundi minuit. © Stéphanie Bousquet - France 3 Occitanie
Toulouse et 16 communes de la métropole passent en "zone d'alerte maximale". Objectif affiché de la préfecture : contenir la progression de l'épidémie de Covid-19. Ce lundi soir à minuit, les bars de la ville rose doivent fermer pour 15 jours.

Son concernées également 16 communes de l'agglo : Colomiers, Tournefeuille, Blagnac, Plaisance-du-Touch, Cugnaux, Balma, Castanet-Tolosan, Saint-Orens-de-Gameville, Labège, Aucamville, Launaguet, L’Union, Portet-sur-Garonne, Ramonville-Saint-Agne, Auzeville-Tolosane et Quint-Fonsegrives. 

Manque d'informations

La plupart des établissements servent des repas, d'autres font tabac et resteront donc ouverts. Mais dans les rangs des cafetiers et bistrotiers, l'incompréhension domine. "Pourquoi sommes-nous concernés et pas les autres à deux kilomètres de distance ?" questionne Marie-Paule Bardou, qui tient le bar de l'avenue à Aucamville.

Le manque d'informations, c'est ce que déplore aussi Alexandre Wang, responsable du Saint-Ô à Saint-Orens-de-Gameville. "C'est très difficile. Nous, on a la chance d'avoir le restau le midi donc on essaie de s'adapter mais on ne sait pas quelle est la réglementation".

Une annonce jugée trop tardive


"On sert des assiettes de charcuteries, par exemple, pour accompagner les boissons. Est-ce qu'on sert ou pas ? On fait salon de thé l'après-midi. Pareil : est-ce qu'on sert ou pas ? On ne sait pas trop quoi faire. Et ça perturbe le personnel", confie le cafetier-restaurateur.

Le problème pour ce professionnel, c'est le manque d'anticipation. "On est toujours prévenu 24 heures à l'avance. Une semaine, ça irait. Mais là, on a commandé des produits vendredi. Qu'est-ce qu'on va faire ?" déplore-t-il en expliquant qu'il espère des précisions sur les règles à suivre d'ici ce lundi soir.

"Il fallait un bouc émissaire"


Au Bistrot club de Tournefeuille, Magalie Lasserre, ne mâche pas ses mots : "On voit bien que les principaux clusters se trouvent dans la sphère familiale et dans les entreprises. Mais il fallait un bouc émissaire, montrer qu'ils agissent. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose".

La gérante redoute avant tout les fermetures. "Il y a déjà des milliers de postes qui ont disparu avec le confinement. Mais là c'est la fermeture qui nous guette. On avait demandé des exonérations de charges totales. Ils les ont juste repoussées. Nous, travailleurs indépendants, quand on ferme, on a zéro salaire. Beaucoup, beaucoup de petits indépendants vont trinquer !".

Baisse de fréquentation


"Moi j'ai la chance de rester ouvert car je fais restaurant, poursuit-elle. Mais avec ces annonces de fermeture des restau-bars... depuis samedi dernier, j'ai enregistré une baisse de fréquentation de 30%. Il y a un tel matraquage sur le sujet !".

Pour tous, la mesure n'est pas encore entrée en vigueur, mais les conséquences se font déjà sentir à plusieurs niveaux. 


 
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