Crise des universités de Toulouse. "Ne touchez pas à notre autonomie", disent les dirigeants de l'enseignement supérieur en France

Publié le
Écrit par Sylvain Duchampt .

Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche veut accorder le statut de Grand établissement à la Toulouse School of Economics. Cette décision fait des vagues au niveau national. Pour France Universités, le ministère outrepasse ses prérogatives.

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Pas touche à l'autonomie des universités françaises ! C'est en substance le message envoyé par l'association France Universités au gouvernement. La décision du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche d'accorder à la Toulouse School of Economics le statut de Grand établissement, sans concertation et sans l'aval de la présidence de l'université Toulouse 1 Capitole, ne passe pas chez les dirigeants de l'enseignement supérieur français.

Le 17 mars 2022, dans un communiqué de presse, France Universités exprime ses interrogations et ses inquiétudes. Pour l'association, le gouvernement "fait abstraction de l’autonomie des établissements, et menace les principes mêmes de fonctionnement d’instances délibératives régulièrement élues." Le projet irait à l'encontre du travail réalisé pour simplifier le paysage universitaire toulousain et pourrait provoquer "des risques de contagion".

Un "passage en force"

Car pour faire passer la pilule d'une autonomie de Toulouse School of Economics, le ministère propose 'la transformation de l’université Toulouse 1 Capitole en établissement public expérimental dont TSE serait un établissement composante."

"Un passage en force" du gouvernement, selon un autre observateur, qui "anéantit toute construction du projet de site au profit d'une logique satellitaire autour de TSE."

Car cette prise de position de France Universités n'est que le énième épisode de la crise touchant le monde universitaire toulousain. Depuis plusieurs mois, l'université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, réunissant les 31 établissements d'enseignement supérieur et organismes de recherche, doit faire face aux nombreux écueils concernant sa réorganisation afin de bénéficier d'importants crédits de l'Etat

L'ombre de l'Elysée

Mais courant décembre 2021, Toulouse School of Economics, l'université Toulouse 3 Paul Sabatier et l'institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace proposent un contre-projet, nommé Toulouse Tech University. Un "putsch" mort dans l'œuf. 

L'obtention du passage de TSE au statut de Grand établissement est d'autant plus difficile à avaler qu'il a un arrière goût politique. Comme l'avait révélé le député Pierre Cabaré (LREM), en janvier 2022 à France 3 Occitanie, "la décision finale se situe au niveau le plus haut". En l'occurrence, à la tête de l’Etat. L'Elysée regarde de près ce dossier qui concerne directement Jean Tirole, prix Nobel d'économie et conseiller présidentiel.  

De quoi refroidir les établissements de l'enseignement supérieur qui tiennent à leur autonomie. "Si le ministère se dit prêt à soutenir la création d’un établissement public expérimental, il doit en concerter les objectifs, les modalités et l’agenda avec ses seuls interlocuteurs légitimes que sont LES ÉTABLISSEMENTS, estime France Universités. C’est dans ce contexte seul que le positionnement de l’université Toulouse 1 Capitole et de sa composante TSE pourront s’envisager." Le message est passé. 

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