Echec de Toulouse Tech University : la course au label d’excellence des universités toulousaines résumé en cinq points

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Écrit par Karen Cassuto

TIRIS l’emporte finalement face à Toulouse Tech University non sans colère et déception d’une partie des universitaires. Ces deux projets étaient en lice pour obtenir les financements du label d’excellence. Comment en est-on arrivé là ? Le résumé en cinq points.

Une seule et même grande université au rayonnement international. A Toulouse, l'idée fait rêver étudiants et universitaires. Deux projets étaient en lice pour faire de la faculté toulousaine un label d’excellence. En février, c’est finalement le projet nommé TIRIS, qui sera présenté au jury du programme d’investissement d’avenir (PIA4). Il l'emporte face au projet de la Toulouse School of Economics baptisé TTU. Mais de quoi parle-t-on au juste ? 

Qu'est-ce que cette course à l'excellence ?

Le quatrième programme d'investissements d'avenir PIA4 du gouvernement offre la possibilité d'aider à financer la création d'une structure commune regroupant toutes les universités toulousaines. Largement voulue par les élus de la région et les universitaires, cette évolution a pour objectif de donner plus de visibilité à l'enseignement supérieur toulousain dans les classements internationaux. 

Un seul projet doit être présenté en février. Les universités se sont retrouvées dans l'impossibilité de se mettre d'accord. Deux projets étaient en lice jusqu'au 27 janvier 2022. 

Le projet TIRIS

Le premier projet a vu le jour il y a plusieurs mois. Il entend regrouper toutes les universités toulousaines. Chargé de cette mission : Patrick Lévy, ancien président de l’université de Grenoble-Alpes. Le projet, porté par la Comue (Communauté d’université et d’établissements) est baptisé TIRIS. Il prévoit de regrouper plus de 8 000 chercheurs et enseignants chercheurs, 4 500 doctorants et plus de 100 000 étudiants.

Sauf que le doyen de la faculté de droit, Philippe Nélidoff, a rapidement exprimé ses doutes sur ce projet. Puis d'autres désaccords au sein du milieu universitaire se sont alors fait sentir. Certaines entités ne sont pas favorables à la fusion des universités.

La Toulouse School of Economics refuse ainsi TIRIS et propose un autre projet "plus ambitieux". 

Le projet (avorté) TTU

Le 8 janvier 2022, Christian Gollier, directeur général de Toulouse School of Economics (TSE) annonce le projet de création d'une nouvelle université regroupant la TSE, l'université Paul-Sabatier et l'ISAE-SupAéro, "pour faire face au déclassement annoncé de Toulouse". Cette entité se fait appeler TTU : Toulouse Tech University

L'annonce de ce contre-projet révèle une scission claire parmi les universitaires toulousains. Le dossier serait même suivi par l'Elysée

Opposition entre TIRIS et TTU

Mardi 18 janvier 2022, l'université Toulouse 1 Capitole a rejeté l'idée d'une Toulouse Tech University et les négociations entre porteurs des différents projets ont échouées. 26 voix se sont en effet opposées à ce projet lors du dernier conseil d'administration de l'université Toulouse 1 (2 voix pour et 4 refus de vote). 

Ce rejet engendre l'avortement du projet. Il ne reste donc qu'un projet : le TIRIS. 

Adoption du projet TIRIS

Le projet TIRIS est finalement adopté ce jeudi 27 janvier 2022 par le conseil d'administration de l'université Toulouse 3 Paul Sabatier, après avoir été adopté par l'université Toulouse 1.

Pourtant, ce dernier ne fait toujours pas l'unanimité. Professeurs et étudiants ne cachent pas leur colère sur les réseaux sociaux. 

De son côté, le directeur de la TSE, Christian Gollier, affirme que le projet TIRIS est "sans envergure, sans ambition" et qu'il "ne répond pas aux enjeux".  

Toulouse est ce soir la risée de tous les connaisseurs de l’enseignement supérieur en France. À Toulouse, tout le monde doit avancer au pas du plus lent. Alors que ce monde bouge très vite en France et dans le monde, le surplace toulousain est catastrophique, en particulier pour les laboratoires qui ont fait l’effort de se battre pour l’excellence dans un contexte où l’université française flanche. 

Christian Gollier, directeur de TSE

Pas sûr alors qu'une seule entité universitaire finisse un jour par faire l'unanimité à Toulouse.