Crise énergétique : une résidence privée de chauffage pour l'hiver

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La résidence Adonis, à Toulouse, se voit privée de chauffage, après la décision du syndic de copropriété qui juge le prix du gaz trop cher. Les locataires et co-propriétaires tentent tant bien que mal de se chauffer et de trouver une solution plus ou moins pérenne, mais pas nécessairement économique.

"En raison de la hausse du prix du gaz, le chauffage collectif ne pourra pas être mis en route cet hiver. La production d’eau chaude devrait être maintenue jusqu’au 31 décembre 2022", peut-on lire à l'entrée de la résidence Adonis, à Toulouse. Une décision du syndic de copropriété, Carcenac. Pour cause, plusieurs co-propriétaires ont refusé, lors de la dernier assemblée générale, de signer le budget du chauffage collectif. Ce dernier s'élevait à 200 000 euros de plus que l'an passé. Le contrat avec le fournisseur n'a donc pas été reconduit par le syndic.

Résidence privée de chauffage

Les co-propriétaires et locataires de cette résidence, située dans le quartier Barrières de Paris, passeront donc cet hiver sans chauffage. Et potentiellement sans eau chaude à compter du 1er janvier 2023. 

Chauffages d’appoint, empilement de couettes, bonnets, polaires... tous les moyens sont bons pour braver le froid. Sabine Chardavoine, co-propriétaire, a installé un poêle à pétrole dans son salon pour chauffer son logement. "Ça chauffe, mais il y a une odeur qui est très désagréable", explique celle qui avait 15 degrés au thermomètre ce matin au réveil. "J’ai allumé ce matin en me levant, pour que quand les enfants se lèvent, ils aient un petit peu de chaleur", explique la mère de famille. 

"On a envoyé plusieurs courriers au syndic et il ne nous répond pas. Dans l’une de nos mises en demeure, on a proposé de rallumer le chauffage avec une température de 18 degrés pour avoir, au moins, un minimum de confort", raconte Sabine. Un avis partagé par la plupart des co-propriétaires, dont Julian Gretz.

Passer au chauffage individuel 

Bonnet vissé sur la tête, polaire sur le dos, il nous explique qu'il a installé des chauffages soufflants dans son salon ainsi qu'un radiateur bain d'huile dans son bureau. "C’est sous-dimensionné par rapport à l’appartement, explique-t-il. Ce que le syndic nous a demandé de faire, c’est de passer au chauffage individuel." Ce que beaucoup de propriétaires ont déjà commencé, au vu du bruit des travaux qui résonne dans les appartements voisins. Une installation qui a un coût moyennant 10.000 euros.

La demande des co-propriétaires est pourtant simple : remettre le chauffage le temps de trouver une solution pérenne et économique qui répond aux besoins de leur logement. "Là, on ne peut pas prendre une telle décision en deux mois", souligne Julian Gretz. 

"Ça coûte un bras et je ne pense pas que ce soit la solution miracle"

Pour les 57 logements de cette résidence des années 70, les solutions vont bon train. Richard Gomar, propriétaire également, est en pleine installation de plaques de liège. "Ça coûte un bras et je ne pense pas que ce soit la solution miracle. J'ai des radiateurs électriques, mais je ne sais pas quoi en faire." En attendant, comme ses voisins, il a recours à des chauffages soufflants.

"Le problème, c’est qu’il faut l’unanimité pour être tous au chauffage collectif ou individuel. Il suffit d’un qui n’est pas d’accord et c’est foutu. Ça fait plus de 30 ans que je suis ici, et je n’ai jamais vu ça. Je ne sais pas comment on va s’en sortir", déplore-t-il. 

Le syndic Carcenac n'a pas souhaité s'exprimer sur ce sujet. Une assemblée générale extraordinaire aura lieu le 12 décembre prochain pour revoter le budget pour le gaz.

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