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Déjà 2000 grenades lacrymogènes tirées à Toulouse pendant les manifs des Gilets jaunes et des lycéens ?

Lors de la manifestation du 15 décembre à Toulouse / © Eric Cabanis / AFP
Lors de la manifestation du 15 décembre à Toulouse / © Eric Cabanis / AFP

INFO FRANCE 3 - Rien que le samedi 8 décembre, 390 lacrymos ont été utilisées par les forces de l'ordre. Selon une source policière, le décompte total de munitions utilisées depuis le 1er décembre à Toulouse est toujours en cours mais pourrait atteindre les 2000. 

Par Fabrice Valery

Comme un parfum âcre et désagréable qui flotte certains jours au-dessus de la ville ? Normal ! Depuis le samedi 1er décembre, ce sont des centaines de grenades lacrymogènes qui ont été utilisées par les forces de l'ordre lors des manifestations qui ont dégénéré à la fois des Gilets jaunes mais aussi des lycéens : selon une source policière, le chiffre de 2000 grenades lacrymogènes pourrait déjà avoir été atteint à Toulouse.
 

390 rien que le 8 décembre

Le samedi 8 décembre, alors que les manifestations ont rapidement dégénéré en début d'après-midi dans le quartier de Compans-Caffarelli, puis à Saint-Cyprien, à la Patte d'Oie et aux Arènes, policiers, CRS et gendarmes mobiles ont fait usage, sur cette seule journée et selon nos informations de 390 grenades lacrymogènes. Un chiffre considérable.
 

Des policiers à court de munitions

Le samedi précédent, le 1er décembre, alors que les policiers du commissariat de Toulouse étaient seuls pour assurer la sécurité de la manifestation, qui a dégénéré notamment autour de la place Jeanne d'Arc, les policiers ont fait usage de nombreuses grenades lacrymogènes... à tel point qu'il a fallu les réapprovisionner en urgence !
 

Un décompte toujours en cours

De source policière, on indique que le décompte n'a pas encore été effectué pour le samedi 15 décembre mais les chiffres seront importants : de très nombreuses grenades lacrymogènes ont été utilisées par les policiers et les gendarmes mobiles dans un premier temps au Monument aux Morts, où une "nasse" a été mise en place pour tenter de disperser les manifestants, puis sur les allées Jean-Jaurès où des barricades avaient été érigées, puis Place du Capitole, en plein milieu des Toulousains qui effectuaient leurs achats ou prenaient un verre en terrasse.

VIDEO - L'usage de lacrymos place du Capitole le 15 décembre : 

Le décompte est aussi toujours en cours pour les manifestations de lycéens qui ont eu lieu à Toulouse, dont certaines ont été dispersées à coup de lacrymogènes. 

Par extrapolation, une source policière affirme donc que le nombre de 2000 grenades tirées à Toulouse est tout à fait crédible. 
 

100 tirs de flashball le 8 décembre

Pas de chiffres officiels non plus concernant les tirs de flashballs mais selon nos informations, il y en a eu une centaine rien que le samedi 8 décembre. Samedi 15 décembre, nous avons constaté nous-mêmes de très nombreux tirs, y compris dans le quartier du Capitole.
 

Le dogme de l'absence de contact

Ce fort usage des grenades lacrymogènes à Toulouse s'explique par le principe appliqué en France pendant les mouvements sociaux d'éviter au maximum le contact entre les manifestants et les forces de l'ordre. Les lacrymos permettent de tenir à distance les émeutiers et participent à l'action de dispersion des manifs ou des groupes de casseurs.

Mais la médaille a son revers : l'usage massif de gaz lacrymogène sature l'atmosphère sans faire de distinction entre les émeutiers, les casseurs et de l'autre côté les manifestants pacifiques, les riverains, ls passants, voire les automobilistes coincés dans leur véhicule et victimes collatérales des échauffourées. 

Yeux et gorge irrités

Si vous n'avez jamais eu l'occasion de respirer des gaz lacrymogènes, l'effet produit par cette arme non-léthale concerne surtout la gorge et les yeux. Le gaz provoque une incapacité temporaire de respirer et un fort écoulement nasal.

La personne touchée a la gorge irritée, du mal à respirer, les yeux qui brûlent et qui pleurent. 

D'où l'aspect "dissuasif" des grenades lacrymogènes : à la vue des fumées produites, les manifestants (en tout cas ceux qui ne portent pas de masque à gaz) s'enfuient pour échapper au gaz, ce qui permet de disperser les foules. Mais l'effet est temporaire. Le lavage des yeux et des muqueuses nasales et buccales à l'eau ou au sérum physiologique permet de retrouver la vue et de reprendre une respiration normale. 

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