Delta, Omicron et grippe : avec les variants du Covid ce sont trois épidémies simultanées en Occitanie

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Écrit par Juliette Meurin
Les services de réanimation occupés à 94 % dans les hôpitaux de la région Occitanie
Les services de réanimation occupés à 94 % dans les hôpitaux de la région Occitanie © Jean-Pierre Duntze/FTV

La région Occitanie fait face en cette mi-janvier à trois épidémies en même temps : la grippe et les virus du Covid avec les variants Delta et Omicron. L’ensemble du système de santé est sous tension selon l’ARS (Agence Régionale de Santé).

"Nous faisons face à une épidémie d’une ampleur exceptionnelle", commence Pierre Ricordeau lors de son point presse hebdomadaire. Le taux d’incidence du Covid est très important en Occitanie précise le directeur de l’ARS (Agence Régionale de Santé).

Le taux d'incidence multiplié par 4 en un mois

A la date du 12 janvier 2022, ce taux atteint en moyenne régionale 2.281 c’est 45 fois plus que le seuil d’alerte fixé à 50. (Le taux d’incidence est le nombre de nouveaux cas positifs pour 100 000 habitants sur une période de 7 jours).

"La progression est spectaculaire", souligne le responsable de la stratégie régionale de santé, précisant que ce taux qui fait référence a été multiplié par quatre en un mois dans notre région.

Trois épidémies 

"Nous sommes la dernière région de métropole entrée dans la vague du variant Omicron. Donc cela va encore progresser. La difficulté et le caractère inédit c’est aussi la conjugaison de plusieurs épidémies", explique Pierre Ricordeau car l’Occitanie est en pleine épidémie de grippe depuis trois semaines. Avec les variants du Covid, Omicron et Delta, cela fait trois épidémies.

Le variant Delta, même minoritaire, reste très fort et sa baisse est encore récente

Pierre Ricordeau, directeur général de l'ARS Occitanie

"On a clairement, depuis début janvier, une domination du variant Omicron", dit le directeur de l’ARS, mais le variant Delta, même minoritaire, reste très fort et sa baisse est encore récente".

Pour le variant Delta, le taux d’incidence est encore supérieur à 300 en moyenne en Occitanie.


Les conséquences se font sentir sur l’ensemble du système de santé qui est sous tension, en particulier à l’hôpital.
Les niveaux d’hospitalisations restent très élevés même s’ils ont légèrement diminué par rapport à la semaine précédente : 175 nouvelles hospitalisations cette semaine contre 200 la semaine dernière.

Des services hospitaliers sous tension

"Nous avons augmenté une nouvelle fois nos capacités avec 590 lits de réanimation purs en Occitanie. Et le taux d’occupation est déjà de 94 %", souligne Pierre Ricordeau.

Les patients hospitalisés en réanimation en raison du Covid sont plutôt jeunes : 20 % ont moins de 40 ans et 50 % ont entre 40 et 60 ans, 30% seulement ont plus de 60 ans.
Dans ces services d’urgences (réanimation et soins critiques), 85 % des patients ne sont pas vaccinés ou sont vaccinées mais immunodéprimées (avec des défenses immunitaires faibles).

Les perspectives liées à la poursuite de la progression du variant Omicron ne sont pas rassurantes selon le directeur de l'ARS. Dans des régions comme l’Ile de France où Omicron est dominant depuis plus longtemps, le flux d’hospitalisation augmentait encore de 30 % cette semaine surtout en hospitalisation conventionnelle.
"L’hôpital va avoir du mal à faire face à cet afflux. C’est un mauvais raisonnement de se dire 'je ne vais pas me faire vacciner ou je ne vais pas faire mon rappel, de toute façon je vais être contaminé'. C’est un raisonnement contre productif individuellement et collectivement". Pierre Ricordeau rappelle en effet qu’il y a des formes de Covid long très invalidantes.

Un rythme important de vaccination

De nombreux citoyens sont allés se faire vacciner. Le rythme des injections atteint désormais 400 000 par semaine en Occitanie. Ce sont essentiellement des doses de rappel. Il y aussi un regain des primo vaccinations : 370 000 depuis le 1er septembre. Mais la mise en place du pass vaccinal risque de créer à nouveau des saturations dans les centres. A compter du 15 février, la dose de rappel doit être effectuée dans le délai de 1 mois dès qu’on y est éligible. Il ne faut pas attendre pour prendre rendez-vous met en garde le directeur de l’ARS.

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