Disparition en plein mandat d'un maire d'une commune de 20 000 habitants pour la seconde fois en trois ans

Le maire d'une commune de la Haute-Garonne est aux "abonnés absents" et injoignable. Le personnel municipal et les élus ont progressivement découvert que le 1er magistrat de la ville n'exerce plus ses fonctions. C'est la seconde fois en 3 ans.

Cugnaux, avec ses 21 000 habitants, figure parmi les sept communes les plus peuplées de la Haute-Garonne. Mais ce n'est pas la seule caractéristique de cette commune de la métropole toulousaine. En effet, la municipalité va subir un intérim pour la seconde fois en trois ans. Et toujours pour la même cause : le maire disparaît pour cause de santé.

Une première disparition pendant 6 mois en 2020

Peu de temps après son élection, le maire de Cugnaux, Albert Sanchez, s'est déjà mis en retrait. Un retrait en forme de disparition. "Il était vraiment injoignable et ne répondait plus. J'ai essayé de le contacter à plusieurs reprises et je n'y suis jamais parvenu" se souvient un élu municipal.

Selon nos informations, Albert Sanchez a déjà connu des problèmes de santé dans son parcours professionnel lorsqu'il occupait, en tant qu'agent public, des emplois de directions à la mairie de Colomiers et de Plaisance. 

Sa subite mise en retrait, peu de temps après son élection a surpris. Mais certains élus n'ont pas été totalement étonnés car informés de "précédents". Un élu de Cugnaux ne cache d'ailleurs pas sa compassion. "On a l'impression qu'il n'est pas un homme heureux. Son élection a été comme un choc auquel il n'était pas préparé" souligne un opposant. 

L'épisode de 2020 a été accompagné par une consigne de discrétion donnée par l'entourage du maire. Plus de trois ans après, un même désir de ne pas communiquer transparaît.

Une "grippe" selon l'entourage du maire

"On a découvert petit à petit que le maire n'exerçait plus ses fonctions. Les employés municipaux nous ont dit qu'il ne le voyait plus. Il était absent lors du dernier conseil métropolitain ou de différents événements et puis on a reçu plusieurs convocations où il était marqué que le maire était empêché" précise un élu. 

Je souhaite de tout cœur un bon rétablissement au maire. Mais on ne peut pas laisser une ville de 21 000 habitants sans direction

Michel Aujoulat - Elu d'opposition à Cugnaux

Il ajoute : "j'ai croisé un membre de son entourage qui m'a parlé d'une grippe. On a l'impression d'un déni". Néanmoins, l'information a fini par être rendue publique. C'est le maire par intérim qui a brisé, en communiquant dans la presse, le silence. 

Un intérim "chaotique" ?

Comme en 2020, un intérim se met en place. Le 1er adjoint d'Albert Sanchez, Bernard Artero va reprendre les commandes de la municipalité. Dans les colonnes de la presse régionale, le maire par intérim se veut rassurant. Il déclare que "toutes les compétences du maire ont été transférées. L'équipe municipale est sur le pont". Contacté l'élu n'avait pas répondu à notre sollicitation.

Suite à la publication de cette article, Bernard Artero et les membres de la majorité municipale réfutent l'aspect "chaotique" de cette mise en retrait du maire de Cugnaux et assurent : "la gestion des affaires courantes de la commune est assurée et au-delà, c’est bien le programme politique pour lequel l’actuelle majorité a été élue qui va continuer à être mis en oeuvre."

Un point de vue qui n'est pas partagé dans les rangs de l'opposition. Une série de démissions aurait créé un climat très tendu et des tiraillements entre les diverses composantes (Ecologistes et France Insoumise) de la majorité pourraient conduire à une élection anticipée.

Ce mercredi 28 février, un Conseil municipal - sans le maire - doit se tenir. Il va donner la "température" et cela promet d'être chaud. Le budget 2024 doit être présenté et, selon nos informations, une nouvelle démission doit intervenir.

A noter qu'un maire ne peut pas être "démissionné" par un conseil municipal. Ce sont uniquement plusieurs démissions et le non-respect d'un quorum (c'est-à-dire le nombre de sièges devant être pourvus) qui peuvent conduire à une élection anticipée.