Enlèvement de Mia : Rémy Daillet, ancien homme politique de Haute-Garonne, arrêté en Malaisie

Soupçonné d'avoir inspiré l'enlèvement de la petite Mia, Rémy Daillet, ancien membre du Modem 31, a été arrêté vendredi en Malaisie, où il résidait. L'homme était sous le coup d'un mandat d'arrêt international, mais les autorités malaisiennes l'ont arrêté pour séjour irrégulier.

Photo de profil du compte Facebook de Rémy Daillet-Wiedemann intitulé "Alerte coup d'Etat mondial"
Photo de profil du compte Facebook de Rémy Daillet-Wiedemann intitulé "Alerte coup d'Etat mondial" © Facebook

Son nom est apparu dans l'enquête sur l'enlèvement de la jeune Mia dans les Vosges. Rémy Daillet-Wiedemann, figure de la sphère complotiste et anti-système, aurait inspiré voire commandité l'opération de kidnapping. Depuis, il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par la France.

L'homme a été arrêté vendredi sur l'île touristique de Langkawi, au Nord-Ouest de la Malaisie où il résidait, a précisé à l'AFP un représentant des autorités malaisiennes. 
Rémy Daillet vivait depuis plusieurs années en Malaisie en situation irrégulière et a été arrêté par les policiers malaisiens sur cette base de séjour irrégulier.

Il peut désormais être, soit expulsé vers la France par les autorités malaisiennes pour séjour irrégulier dans leur pays, soit extradé si les autorités retiennent le mandat d'arrêt international, sachant que la procédure d'expulsion est beaucoup plus rapide.

Dans un communiqué, ses avocats Philippe Fortabat Labatut et Fabrizio Nucera Giampaolo ont présenté Rémy Daillet comme un "dissident" et un "opposant politique contre lequel la République dite française a lancé un mandat d'arrêt international totalement illégal sur le fond et sur la forme".

Les avocats demandent au roi de Malaisie de "proclamer que les conditions du droit ne sont pas réunies et que Votre Monarchie ne livre(ra) pas M. Daillet à la République française".

Ancien cadre du Modem 31

Mais avant de virer complotiste et de partir en Malaisie, Rémy Daillet avait une carrière politique en Midi-Pyrénées. Adhérent puis chef de fil du Modem en Haute-Garonne de 2007 à 2010, il intègre le mouvement au moment de sa création.

L'homme, au comportement étrange, éveille rapidement des soupçons auprès des autres membres du parti. Ses idées extrémistes et conservatrices dérangent vite les centristes.

En 2010, Rémy Daillet est finalement exclu du mouvement de François Bayrou. Il opère alors complètement son virage conspirationniste. 

Vidéos complotistes sur la toile 

Dans une vidéo mise en ligne après l'enlèvement de Mia, Rémy Daillet avait tenté de se défendre.

Sans évoquer nommément Mia, il réfutait le terme d'enlèvement. "La grosse presse tente de nous discréditer au maximum en m'accusant par exemple de fomenter des enlèvements", affirmait-il dans cette vidéo d'environ 5 minutes assez décousue.

Notre organisation, libre, résistante, rend des enfants kidnappés par l'Etat à des parents, à leur demande. Il n'y a donc absolument pas d'enlèvement.

Dans d'autres vidéos plus anciennes, il défendait l'idée d'un coup d'État populaire et se disait opposé aux impôts, aux vaccins, aux masques ou à la 5G.

Dans le cadre de l'affaire de la petite Mia, six hommes et la mère de la fillette, proches de la mouvance anti-système et complotistes, ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

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