Et si le gras aidait à bien vieillir ? Une étude démontre le pouvoir régénérant du tissu adipeux

Le gras, ami ou ennemi ? Souvent déprécié, le gras reste indispensable au bon fonctionnement de notre organisme. Une équipe de chercheuses toulousaines travaille sur le pouvoir régénérant de cellules présentes naturellement dans la graisse. Capables de réparer les tissus, elles pourraient permettre aux personnes âgées de vieillir en meilleure santé.

"Le gras c'est la vie" paraît-il. Mais cela veut-il dire qu'il faut manger plus gras pour vivre plus longtemps ? Sûrement pas. Tout le monde le sait, la consommation excessive de graisses peut entraîner des maladies cardiovasculaires. Mais le gras peut s'avérer être un bon allié contre le vieillissement des muscles. 

Des chercheuses toulousaines de l'Inserm s'intéressent de près à certaines cellules présentes naturellement dans le gras. Appelées cellules mésenchymateuses, elles ont un fort potentiel de régénération.

À l'occasion du festival InScience qui se tient à Toulouse du 27 mai au 9 juin, Coralie Sengenes, directrice de recherche à l'Inserm et Amandine Girousse, chargée de mission au CNRS ont présenté leurs travaux au grand public.

"On a montré que ces cellules aident le muscle à mieux vieillir ou en tout cas à le soutenir dans sa régénération" explique Coralie Sengenes.

Des cellules du gras au pouvoir régénérateur

Mais comment ? Ces cellules du "gras" sont capables de sortir du tissu adipeux pour migrer vers des zones du corps où des réparations sont nécessaires. 

Les travaux des deux chercheuses consistent à comprendre comment ces cellules peuvent être "réveillées" chez la personne âgée. "Car avec l'âge, les personnes subissent des problèmes musculaires qui leur font perdre en autonomie. C'est le syndrome de la sarcopénie, la perte de masse musculaire. Donc si on arrive à bloquer ou au moins freiner ce phénomène, les personnes âgées vivront mieux" développe Coralie Sengenes.

Un médicament d'ici 5 à 10 ans ?

Leurs travaux ont donné lieu à une publication en janvier 2023 dans la revue scientifique Nature communications.

Pour l'instant, ils n'en sont qu'au stade de la recherche fondamentale. Il n'existe pas encore de traitement. Mais l'objectif est bien de fabriquer un médicament capable de "booster" la migration de ces bonnes cellules du gras. Une hypothèse réalisable dans 5 à10 ans estime Coralie Sengenes.

L'enjeu est important car selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), d'ici à plus de 2030, un Européen sur 5 sera touché par la sarcopénie.

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