Fin de vie. "Nous défendons une liberté", l'association du droit de mourir dans la dignité décrypte le projet de loi

Le président de la République a présenté ce lundi 11 mars les grandes lignes du projet de loi sur la fin de vie, qui sera dévoilé la semaine prochaine en conseil des ministres et débattu à l’Assemblée nationale à partir du 27 mai. Décryptage avec Pierre Juston, administrateur de l'association du droit de mourir dans la dignité.

Avant la présentation du projet de loi sur la fin de vie en conseil des ministres, décryptage avec Pierre Juston, administrateur de l'ADMD, l'association pour le droit de mourir dans la dignité, qui réclame une loi depuis longtemps.

Une aide à mourir

Il n'a pas prononcé les mots de "suicide assisté" ou "euthanasie". Le président de la République a préféré évoquer une "aide à mourir" dans sa présentation des grandes lignes du projet de loi sur la fin de vie ce lundi 11 mars 2024, dans les colonnes de La Croix et de Libération.

Le projet doit être dévoilé ce mercredi 20 mars en conseil des ministres avant d'être débattu à l'assemblée nationale à partir du 27 mai prochain. Pour Pierre Juston, administrateur de l'ADMD, l'association pour le droit de mourir dans la dignité, il était temps : "Déjà je suis satisfait parce que cela fait 43 ans que nous attendons une loi. "

Pas pour tous les malades

Après plusieurs conventions citoyennes, de multiples avis d'experts spécialisés, la loi aurait dû voir le jour avant la fin 2023 : "C'est dommage car certains sont partis avant d'en bénéficier", témoigne Pierre Juston. "Au moins le Président a arbitré sur la notion d'aide à mourir, c'est la première fois et franchement on en a suffisamment débattu".

Sans préjuger du texte final, pour Pierre Juston, certains points restent problématiques comme le pronostic final à court et moyen terme : "Ça signifie que certains malades ne seront pas concernés par la loi, comme les personnes atteintes de la maladie de Charcot", affirme-t-il. "À moins qu'un délai soit défini. Mais lequel ? Et s'il n'y en a pas, l'interprétation sera forcément différente en fonction des médecins. Et ça pose la question de l'inégalité des soins".

"Dédiaboliser la mort"

Autre grief : l'absence de directives anticipées : "Sans ces directives, les malades qui savent qu'ils n'auront plus la capacité de donner leur avis risquent d'en être privés", confirme Pierre Juston. "En clair dans les conditions actuelles, des personnes très médiatisées comme Chantal Sebire ou Vincent Lambert, ne seraient pas éligibles à une aide active à mourir".

"Je peux comprendre que certains mots comme "suicide assisté" ou "euthanasie" fassent peur", rajoute-t-il. "Mais quand on est atteint d'une maladie incurable et qu'on souffre, il faut se poser la question pour dédiaboliser la mort et quel que soit le choix de la personne, ce sera le bon".

"Nous ne défendons pas une manière de mourir, nous défendons une liberté", conclut Pierre Juston. L'association pour le droit de mourir dans la dignité compte 80 000 adhérents en France. Elle accompagne des malades sur tout le territoire depuis maintenant 43 ans.

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