Gilets jaunes à Toulouse : des observateurs de la Ligue des droits de l'homme insultés et blessés par des policiers

Les Observateurs de la Ligue des droits de l'homme et la Fondation Copernic scrutent les manifestations à Toulouse pour dénoncer les violences. / © Claire Sardain / France 3 Occitanie
Les Observateurs de la Ligue des droits de l'homme et la Fondation Copernic scrutent les manifestations à Toulouse pour dénoncer les violences. / © Claire Sardain / France 3 Occitanie

Dans un communiqué publié le samedi 28 septembre, l'Observatoire des pratiques policières (OPP) de Toulouse, co-parrainé par la Ligue des droits de l'homme, a fait part d'un "nouveau blessé" parmi ses membres par les forces de l'ordre pendant la 46ème manifestation des gilets jaunes.

Par AM avec AFP

"Toulouse - Cela ne s'arrête pas !" déplore l'Observatoire des pratiques policières de Toulouse dans un communiqué mis en ligne samedi 28 septembre. L'Observatoire fait part d'un nouveau blessé parmi ses membres, le troisième selon eux depuis le début de l'année. Un groupe de 5 "observateurs" de l'OPP aurait été violemment pris à part par les forces de l'ordre lors de la 46ème journée de manifestation des gilets jaunes à Toulouse.
 
Une vidéo publiée sur le compte Twitter d'un journaliste de RT France montre des violences envers des observateurs OPP et le journaliste lui-même sur les allées Jean-Jaurès : 
 
Un extrait plus long de la vidéo montre aussi des insultes de la part des forces de l'ordre envers les observateurs. "Je vous emmerde la LDH, vous nous pétez les couilles," (00:21) lance l'un d'entre-eux. 
 

​​​​Mi-septembre, un premier membre de l'OPP, qui mène tous les samedi une mission d'observation à Toulouse, avait porté plainte, affirmant avoir été blessé au cours d'une charge de police. 

Un nouveau samedi d'échauffourées

Environ un millier de personnes ont battu le pavé hier à Toulouse, d'après l'AFP.  A plusieurs reprises, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et d'un canon à eau. Les forces de l'ordre ont été la cible de "projectiles, d'outrages et d'injures" et ont procédé à cinq interpellations, selon un communiqué de la préfecture. 

Le cortège s'était élancé à 14H, comme tous les samedis sans interruption depuis le début du mouvement. Les premières salves de gaz lacrymogènes ont été lancées peu après leur arrivée sur la place du Capitole, où se déroulait une manifestation dédiée aux seniors. L'intervention, qui a noyé la place sous un épais nuage de fumée, a créé des mouvements de panique parmi les badauds.
    
Aux cris de "Anticapitaliste", un des slogans rituels à Toulouse, les manifestants s'étaient auparavant arrêtés devant un Mc Donald's, où un parasol
a été enflammé, comme le montre cette vidéo : 
 

Des tags, "Toc Toc Moudenc" (Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse), "Nos désirs sont désordre" ont aussi été inscrits sur la façade de l'hôtel de ville. 
 

Origine de l’Observatoire des Pratiques Policières

En 2017, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la Fondation Copernic et le Syndicat des Avocats de France (SAF ) en lien avec des sociologues ont mis en place un Observatoire des Pratiques Policières.
Leurs buts:

  • Accueillir les personnes victimes ou témoins de violences policières
  • Les orienter vers des personnes et organes compétents
  • Récolter des données pour intervenir auprès des autorités

L'OPP de Toulouse avait publié en avril dernier un rapport ciblant un "dispositif de maintien de l’ordre disproportionné et dangereux pour les libertés publiques."

 

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