Haute-Garonne : 22 mois après l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn, le camion est sorti de l'eau

Le camion et sa remorque, tombés dans les eaux du Tarn lors de l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne, ont été sortis de la rivière ce lundi 6 septembre. Près de deux ans se sont écoulés depuis cet accident qui a causé la mort de deux personnes.

Il est 14 heures, ce lundi 6 septembre 2021, quand le camion et sa remorque commencent à sortir des eaux du Tarn, à côté des débris du pont de Mirepoix. Nombreux sont les curieux venus assister à l'opération. Il aura fallu de longs mois et de multiples opérations pour en arriver là. Vingt-deux mois ont passé depuis l'effondrement de ce pont suspendu entre les communes de Mirepoix-sur-Tarn et Bessières, entrainant la mort de deux personnes. C'était le 18 novembre 2019.

Une opération délicate

"Cela fait presqu'un an qu'on travaille sur l'extraction du pont, du camion et de la foreuse donc c'est une étape-clé et importante de l'opération", explique David Métais, directeur de la société NGE GC qui coordonne les 3 entreprises chargées des travaux. L'opération est délicate, poursuit-il. 

La difficulté, c'est le site parce qu'on est dans l'eau. Le camion est très endommagé donc il faut qu'on s'assure que nos points d'attache aient la résistance suffisante. Ce sont les deux principales difficultés. Le grutier travaille à l'aveugle : il ne voit pas ce qu'il est en train de faire et ça rend l'opération complexe et unique.

David Métais, directeur de la société NGE GC

Ce camion est dans les eaux du Tarn depuis bientôt deux ans. Il y est tombé le 18 novembre 2019, à 8 heures du matin. Ce jour-là, son chauffeur s'est engagé sur le pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn, interdit aux plus de 19 tonnes. Sur sa remorque, il transportait une foreuse. Le convoi, camion, remorque et engin de chantier, pesait plus de 50 tonnes. L'ouvrage s'est effondré, entraînant la chute du camion et celle d'une voiture engagée sur le pont. L'accident a fait deux morts : le chauffeur du poids-lourd et la passagère de la voiture, une jeune fille de 15 ans. L'enquête judiciaire est toujours en cours pour déterminer les responsabilités de l'accident. Et de longs travaux ont été engagés pour découper, démonter et extraire les parties du pont effondrées.

La foreuse que transportait le camion a été extraite de la rivière à la fin du mois de juillet. Maintenant que le poids-lourd est sorti de l'eau, les entreprises chargées des travaux vont s'attaquer au tablier du pont. La découpe et l’enlèvement d’un premier tronçon devraient avoir lieu dans une quinzaine de jour, selon le Conseil départemental de la Haute-Garonne, gestionnaire de l'ouvrage.

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Relevage du camion ayant entraîné l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn

600 tonnes d'acier et de béton sortis de l'eau

Sur la rive droite, côté Mirepoix-sur-Tarn, les travaux s’achèvent. Une piste a été aménagée à partir de la berge existante où une grue de démolition et un système de relevage ont été installés. Le tractage du tablier sur la berge est terminé et la démolition des derniers éléments est en cours.

Sur la rive gauche, côté Bessières où se trouvait le convoi, les travaux vont se poursuivre pour relever des parties lourdes du tablier enfouies dans le Tarn et les évacuer.

Au total, à la fin de l'opération, ce seront 600 tonnes d’acier et de béton qui auront été découpées, démontées et renflouées. "L'ensemble des tronçons du pont sera numéroté, répertorié et et évacué sur un site dédié à disposition de l’enquête judiciaire", détaille le Conseil départemental de la Haute-Garonne dans un communiqué.

Les travaux d'enlèvement du tablier devraient s'achever au mois d’octobre. Coût estimé, pris en charge par le Conseil départemental :  2,5 millions d’euros.

Un nouveau pont

Un nouveau pont va être construit à Mirepoix. "Les études sont en cours et il y aura une concertation à l'automne" explique Richard Fournier, chef du service des ouvrages d'art au Conseil départemental. "Le choix technique n'est pas fait pour l'instant". Seule certitude, les études et la construction vont durer plusieurs années, entre 5 et 6 ans, pour un budget estimé à 10 millions d'euros.

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