Haute-Garonne : les maisons de retraite font face à un manque crucial d'aides-soignants

Le phénomène s'accentue en cette période de crise sanitaire : le manque d'aides-soignants dans les Ehpad est un problème majeur. Le groupe associatif Edenis, qui gère 19 maisons de retraite en Midi-Pyrénées, nous a ouvert ses portes et témoigne de la situation.

La résidence Céline Baron du Groupe associatif Edenis accueille 80 personnes âgées, dont certaines atteintes d'Alzheimer.
La résidence Céline Baron du Groupe associatif Edenis accueille 80 personnes âgées, dont certaines atteintes d'Alzheimer. © France 3 Occitanie
Blandine Leroy est aide-soignante à la résidence Caroline Baron, l'une des 19 maisons de retraite que gère le groupe associatif Edenis en Midi-Pyrénées. Elle y travaille depuis 15 ans. Elle se dit épanouie car elle aime son métier et a bénéficié de formations internes qui lui ont permis d'évoluer. Il lui est même arrivé d'en proposer à sa cadre de santé, notamment sur la communication avec les déments.

Une salariée épanouie, cela ne fait aucun doute. Mais, comme ses collègues, Blandine Leroy se sent fatiguée. Elle confie qu'avec ces 8 mois de crise sanitaire, les conditions de travail se sont dégradées. "En ce moment, il y a beaucoup de travail. Ce n'est pas facile parce que quand il manque des gens, on prend des personnes qui ne sont pas diplômées, ça demande plus de temps... Le travail s'est multiplié".

Une pénurie endémique


A la résidence Caroline Baron située avenue Jean-Rieux à Toulouse, aucun cas de Covid n'a été détecté chez les résidents. Mais le personnel a parfois été contaminé ou déclaré cas contact. Alors il faut remplacer. Un défi car les hôpitaux cherchent aussi des aides-soignants. Or la pénurie date d'avant le confinement.
 
Blandine Leroy est aide-soignante depuis 15 ans à la résidence Caroline Baron et s'y sent épanouie.
Blandine Leroy est aide-soignante depuis 15 ans à la résidence Caroline Baron et s'y sent épanouie. © France 3 Occitanie


"On est tous rendus à la même difficulté de trouver des gens qui sont compétents dans leur métier, témoigne Lucile Thieffin, la cadre de santé de l'établissement. La technique, c'est important dans le suivi du soin, dans le regard clinique que peut apporter une aide-soignante... Mais au-delà de la technique, il y a aussi la bienveillance, le respect, le lien mutuel, la connaissance très très précise de la personne âgée".

Le Ségur au chevet des Ehpad

A chaque recrutement, il faut tout reprendre. Autre problème : l'attractivité du métier… Le salaire brut est d'environ 1600 €. A ce tarif là, beaucoup préfèrent rester en CDD pour travailler quand ils le souhaitent. Ils perçoivent les congés payés. "Il y a aussi la problématique de la rémunération puisqu'on touche la prime de précarité quand on est en CDD, précise Virginie Lala, directrice de la résidence Caroline Baron. Cela intéresse aussi un certain nombre de soignants puisque ça équivaut à 10% supplémentaires de salaire".

En vidéo, le reportage de Christine Ravier et Régis Guillon
  

Le Ségur de la santé devrait améliorer la situation avec 183 euros de plus chaque mois. Mais ça n'est pas suffisant, estime-t-on au sein du Groupe associatif Edenis. "Il ne faudra pas se contenter du Ségur, plaide Jacky Souillat, directeur exécutif. Je pense qu'il y a un vrai problème de formation dans la filière".

Des formations estampillées "Ehpad"

"Clairement dans notre monde d'Ehpad, le diplôme d'aide-soignant ne doit pas être diligenté uniquement pour une aide-soignante sanitaire et médico-sociale, poursuit-il. Je pense vraiment qu'il faut une formation _ et on le demande depuis longtemps_ qui soit axée sur l'Ehpad et là, on pourra reprendre des lettres de noblesse, attirer les gens et leur parler positif car ce métier est vraiment un beau métier".

Pour ces professionnels, l'enjeu, au-delà de la rémunération qui reste une donnée fondamentale, est donc une reconnaissance d'un savoir faire et d'un savoir-être si importants pour les personnes âgées.
 
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