IMAGES. Sécheresse : des lacs d'Occitanie totalement vidés pour soutenir le bas débit de la Garonne

Le niveau des lacs comme celui de Montbel (Ariège) ou de Saint-Peyres (Tarn) est au plus bas, en raison des "records absolus de faible débit" de la Garonne, notamment en octobre, selon le Syndicat Mixte d'Etudes et d'Aménagement de la Garonne. Du jamais vu.

Des lacs asséchés : Saint-Ferréol (Haute-Garonne), Saint-Peyres (Tarn) ou bien Montbel (Ariège)... Tous ont pâle allure, notamment en raison de l'étiage des différentes rivières, et surtout du faible débit en eau de la Garonne qui a atteint une moyenne historique avec la sécheresse de ce printemps et de cet été.

"On a battu tous les records de l'étiage, en précocité, durée et intensité en 2022. Ce qui fait qu'on est encore obligé-là d'organiser des lâchers d'eaux de soutien d'étiage" mais pas en utilisant ces lacs-ci, précise Bernard Leroy, responsable de la gestion d'étiage au Syndicat Mixte d'Etudes et d'Aménagement de la Garonne (SMEAG).

Du 1er juin au 31 octobre, le SMEAG est responsable du débit du fleuve et doit respecter un minimum pour la Garonne, puisque l'objectif de l'étiage est d'éviter le conflit entre usagers, ou encore garantir l'eau potable. A Toulouse, par exemple, elle provient à 95 % de la Garonne.

80% des stocks utilisés

Au 19 octobre 2022, le débit de ces lâchers était à 6 m³/seconde, ce qui représente 20% du débit de la Garonne au site du Bazacle à Toulouse, "ce qui est beaucoup en cette saison". Une action plus importante que celle du début du mois, avec l'aide des lacs d'altitude, notamment ceux de l'Ariège.

"On a déjà mobilisé plus de 80% de nos stocks, il nous reste peu de volume et peu de capacité en débit pour agir jusqu'au 31 octobre", poursuit le responsable gestion. 

Le graphique ci-dessous montre bien les niveaux de ces réserves au plus bas. 

Bancs de sables, cailloux et berges à découvert... Ces images des différents lacs "montrent la sévérité des étiages nécessaires pour empêcher les conflits entre usagers" sur l'eau, qui ne sont pas directement liés à des lâchers pour alimenter le fleuve.

Pour le lac de Montbel, les lâchers d'eau ne sont pas liés à la gestion du SMEAG, mais à ceux du gestionnaire de l'Ariège, affluent de la Garonne. Sept millions de m³ d'eau peuvent être utilisés par le gestionnaire toulousain. Mais cette année, "on n'a pas pu les mobiliser, puisqu'ils ne nous sont pas garantis". Le manque d'eau, lié à l'étiage et la sécheresse, a même fait arrêter les activités nautiques fin août.

Par contre, aucune crainte pour ces réserves, puisque les pluies, et dans quelques mois la fonte des neiges, au printemps prochain, vont permettre de tout remplir très rapidement.

Pas de crainte pour les réserves hydroélectrique

Les retenues, gérées par la SMEAG, sont essentiellement aussi hydro-électriques, et donc essentielles dans le contexte actuel de sobriété énergétique.

"Dès qu’on peut, on arrête l’étiage" pour ne pas risquer "de manquer d'eau cet hiver pour faire du courant", détaille Bernard Leroy, qui travaille en étroite collaboration avec EDF. "On cherche tout le temps d'avoir une action équilibrée entre les deux missions de services publics."

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