Innovation : des tunneliers du Grand Paris Express "reconditionnés" pour creuser un autre futur métro

C'est une véritable innovation technique. Le groupe de génie civil, Eiffage, est en train de reconditionner trois des six engins qui ont servi la ligne 16 du supermétro parisien, le Grand Paris Express. Ces tunneliers vont servir à la construction de la ligne C du métro toulousain.

D’habitude, après usage, ils sont revendus, rendus au constructeur ou bien envoyés à la casse. Mais cette fois-ci, les tunneliers vont être reconditionnés. Et pas pour n'importe quel chantier, puisqu'il s'agit de la future ligne C du métro toulousain. Une innovation qu'on doit à un partenariat entre le géant du BTP Eiffage (en charge d'une partie des travaux)  et le constructeur allemand Herrenknecht.

Pour creuser la ligne 16 du Grand Paris Express, six tunneliers ont été utilisés. Ces engins aux
allures de vers de terre géants, mesurent une centaine de mètres de longueur. Trois d'entre eux, vont être reconditionnés pour le chantier toulousain. Eiffage a choisi un terrain de 28.000 m2 à Thieux, un petit village de Seine-et-Marne, pour effectuer cette innovation technique. 

Ce n'est pas la première fois qu'Eiffage réalise des reconditionnements. "Mais c’est la première fois qu’il s’attaque à un tel changement. Car le client du métro toulousain souhaitait des tunneliers d’un diamètre de 9,67 m., soit 20 cm de moins que ceux ayant servi à la ligne 16. Ce qui a engendré de nombreuses modifications" comme l'expliquent nos confrères du Parisien

Chacun de ces trois tunneliers a un nom : baptisées Sarah, Bantan et Armelle, ces machines pèsent 1650 tonnes. Elles ont été démontées, puis transportées à Thieux par des convois exceptionnels. Le quatrième tunnelier, d’un diamètre plus petit, est aussi stocké en Seine-et-Marne. 

Pour ces travaux de reconditionnement, une soixantaine de salariés d'Eiffage et quelques-uns de Herrenknecht ont été mobilisés. Les nouveaux tunneliers devraient être opérationnels au premier semestre 2024, avant d'être démontés, puis transportés vers Toulouse.