Justice. Battus, obligés d'assister et de participer à des actes de tortures, les enfants témoignent contre leur mère

La cour d'Assises de Haute-Garonne juge une mère et un oncle accusés d'avoir séquestré et torturé une jeune femme. Ils ont aussi battu et mal traité leurs propres enfants qui ont témoigné, mercredi 24 mai, de leur calvaire vécu pendant plusieurs années.

C'est à Carbonne près de Toulouse que les faits se sont déroulés. Aurélie, une jeune femme est restée séquestrée pendant deux ans. Entre 2017 et 2019, elle a été torturée et violée par une femme et son frère. Ils sont jugés devant la cour d'Assises de Haute-Garonne cette semaine.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Cinq enfants et adolescents âgés aujourd’hui de 10 à 17 ans se sont constitués parties civiles. Ces enfants sont ceux de l'accusée et ont vécu un véritable enfer, battus et humiliés par leur mère et leur oncle.

Ce mercredi 24 mai, devant la cour d'Assises de Haute-Garonne, c’est la première fois qu’ils revoient leur mère incarcérée en 2019. Lors de cette journée, ils ont tous témoigné à la barre avec des mots très durs à son encontre. 

Un traumatisme difficilement surmontable

"Ils sont traumatisés, ce sont des enfants qui ont un vécu traumatique massif, qui ont vécu un calvaire pendant plusieurs années, subissant des faits d’une gravité inouïe" témoigne Maître Amélie Villageon, l'avocate des enfants.

Ils auraient également assisté aux sévices infligés à Aurélie et à son viol. Cette jeune femme vulnérable a été séquestrée et violentée pendant plus de 2 ans par l’accusée et son frère.

Ce sont des enfants qui ont subi des maltraitances, des enfants battus . Ils ont aussi assisté à des actes de tortures et de barbaries et ont pu même y participer. Ils avaient peur et y étaient obligés.

Maître Amélie Villageon, avocate des enfants

Pour l'avocate des parties civiles, "ils ont le courage de témoigner pour dire ce qu’ils ont vécu et que leur vérité soit entendue".

Pas de confrontation entre la mère et ses enfants

Maître Frédéric Dutin, avocat de la mère, madame Jiménez, regrette de ne pas avoir pu poser des questions à ses enfants dans le cadre d’une confrontation. "Dans un endroit tranquille comme le bureau d’un juge d’instruction composé de quatre, cinq personnes plutôt que dans une salle d’assise avec 80 personnes. Ce n’est pas l’endroit adéquat ce d’autant, qu’il n’y a jamais eu avant la possibilité pour nous la défense de questionner sur ce qu’ils déclaraient".

C’est le plus mauvais moment à mon sens, le plus mauvais endroit pour pouvoir poser un certain nombre de question, des questions dont on sait quelles sont extrêmement difficile parce qu’elles vont impliquer la famille, un oncle, une mère, un père.

Maître Frédéric Dutin, avocat de la défense

Selon l'avocat de la défense, la mère "reconnait des gestes violents sur ses enfants".

"On a une écorchée vive, on va aborder les expertises psychologiques, psychiatriques, d’enquête de personnalités de madame Jiménez qui vont révéler que son existence a été baigné dans la violence", souligne Maître Frédéric Dutin.

Les débats vont se poursuivre demain avec les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire de l’avocat général.

La défense s’exprimera en dernier et le verdict est attendu vendredi.

(avec Christophe Neidhardt)

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