La Confédération paysanne, un syndicat en retrait de la mobilisation des agriculteurs

Alors que la mobilisation des agriculteurs se poursuit et s'amplifie partout en France, la Confédération Paysanne semble en retrait. Peu visible sur le mouvement, pas invité par le nouveau Premier ministre, le syndicat cher à José Bové n'a pas donné de consignes.

Routes bloquées, barrages filtrants, panneaux d'entrées de villes retournés, radars bâchés, le mécontentement agricole est de plus en plus visible. Les agriculteurs français veulent obtenir des "mesures concrètes" du nouveau gouvernement de Gabriel Attal qui reçoit les syndicats majoritaires ce lundi 22 janvier mais pas la Confédération Paysanne.

Peu de pancartes syndicales chez les "gilets verts"

Sur l'A64, épicentre du mouvement en Occitanie, les agriculteurs sont toujours mobilisés. Des tracteurs, des remorques, des bottes de paille parfois enflammées, le mouvement s'amplifie et les syndicats tentent de suivre. La mobilisation est partie de la base et beaucoup d'agriculteurs sont déçus des initiatives avortées des syndicats. "Quand on est partis à Toulouse mardi, les syndicats ont eu une réunion avec le préfet mais sans résultat, déplore Guillaume Benazet mobilisé sur le blocage de l'A64. On a dit "stop les syndicats, on va faire notre propre blocage". C'est pour ça que les syndicats ne sont pas là officiellement mais ils sont quand même en soutien derrière." 

Le mouvement de contestation est européen. Arnaud Rousseau, président du premier syndicat agricole français, la FNSEA, a annoncé lundi sur France Inter le lancement dans toute la France d'actions d'agriculteurs. Mais un peu comme les "gilets jaunes" en d'autres temps, ces nouveaux "gilets verts" ont débuté leur action sans trop se soucier des syndicats.  

La Confédération Paysanne pas complètement d'accord

Au plan national, le syndicat agricole de la Confédération Paysanne n'a pas donné de consignes. Chaque antenne locale est libre de choisir son plan d'action. Sur le terrain, certaines préparent tout de même un blocage, syndiqués ou pas. "Je ne suis pas du tout syndiqué et je suis en tant qu'agriculteur un soutien à nos collègues. C'est le paysan, l'humain qui parle," clame Damien Montagné.

La confédération paysanne ne cautionne pas les actions violentes de ces derniers jours. Mais ils sont plusieurs à se montrer solidaires comme Hélène Delmas, porte-parole confédération paysanne de Haute-Garonne. "Dès mercredi, une action sera mise en place. On ne fait pas ça par plaisir. C'est vraiment un ras-le-bol. C'est la seule façon que nous avons pour nous faire entendre."

Laurence Marandola, éleveuse en Ariège et porte-parole nationale de l'organisation ne fait pas partie des agriculteurs reçus par le nouveau Premier ministre Gabriel Attal. "Nous n'avons pas la même lecture des problèmes des agriculteurs mais la colère, les difficultés dans les campagnes évidemment on les voit chez nos adhérents, dans nos territoires. Sur les blocages, on peut entendre qu'il y a un ras-le-bol, mais il ne faut pas que ce soit instrumentalisé. Ce qu'on comprend moins, c'est quand la Confédération paysanne s'agite, on se fait très rapidement déloger par les forces de l'ordre, de façon parfois violente. Il y a un bel exemple de deux poids deux mesures actuellement."

Gabriel Attal et Marc Fesneau reçoivent le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau et son homologue des Jeunes agriculteurs Arnaud Gaillot ce lundi soir. La Confédération Paysanne ou encore la Coordination Rurale n'ont pas été conviées. Si les agriculteurs ne sont pas entendus, on pourrait bien retrouver un front syndical.

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