Législatives 2022 : après le discours d'Emmanuel Macron, les élus d'opposition d'Occitanie ne souhaitent pas être dans une opposition systématique

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Hier soir, Emmanuel Macron a pris la parole pour proposer à l'opposition parlementaire de "faire des compromis" et de "légiférer autrement". Le chef de l'Etat lui demande aussi de se "positionner" par rapport à la nouvelle situation politique, issue des Législatives. Message entendu par Hadrien Clouet (LFI/Nupes) et Louis Alliot (RN) qui réagissent au discours présidentiel.

" Il est coincé ". Les mots d'Hadrien Clouet, député LFI/NUPES fraîchement élu dimanche dernier dans la 1ère circonscription de Haute-Garonne, sont sans appel. " On a un Président de la République qui ne semble pas comprendre ce qu'est un parlement. Il essaye de nous imposer de faire des compromis " insiste l'élu de gauche. 

Hier, Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée, a pris acte de la nouvelle situation politique. Les élections législatives ne lui ont pas donné la majorité absolue espérée (245 députés; la majorité est à 289 élus). Le Président de la République en appelle donc au rassemblement. « Je crois qu’il est donc possible, dans le moment crucial que nous vivons, de trouver une majorité plus large et plus claire pour agir », a ainsi expliqué Emmanuel Macron. "Je souhaite donc, dans les prochaines semaines, que ce dépassement politique se poursuive avec clarté et responsabilité". Un appel à dépasser les clivages politiques. Il propose à l'opposition parlementaire de "faire des compromis" et de "légiférer autrement". Le chef de l'Etat lui demande aussi de se "positionner" par rapport à la nouvelle situation politique, issue des élections législatives. 

Du côté d'Hadrien Clouet, les choses sont claires  : "C'est à lui de faire des compromis, pas à nous. Le Président n'a jamais été aussi affaibli et l'Assemblée nationale jamais aussi forte. Si Macron pioche dans l'une des 650 propositions de notre programme, il y aura consensus. Nous voterons les textes qui ne vont pas dans le sens de la maltraitance sociale ou écologique". 

Mais l'élu de gauche n'est pas très optimiste. "J'ai des doutes, car pendant cinq ans, la majorité présidentielle a rejeté l'intégralité de nos propositions de texte. Ils ont fait preuve d'un grand sectarisme" juge Hadrien Clouet. Mais il reste positif : "J'ai été élu sur un programme, donc je vais me battre pour qu'il soit appliqué". 

Même approche du côté du Rassemblement national. Interrogé ce matin par nos confrères de France Info, le maire RN de Perpignan (Pyrénées-Orientales) dresse un constat sans appel : "Emmanuel Macron est dans une voie sans issue, car il n'a pas de majorité alors qu'il a été élu président de la République il y a quelques mois. C'est inédit." explique l'élu. "Aujourd'hui, il cherche des députés pour trouver une majorité ...hypothétique".

Comme son collègue LFI de l'Assemblée nationale, il en appelle au chef de l'Etat. "C'est à lui de faire des efforts et de trouver des solutions. Il sera bien obligé de trouver des compromis avec l'opposition" juge Louis Alliot. 

Au Président de la République de faire des concessions

Les partis politiques semblent s'être donné le mot et n'hésitent pas à renvoyer la balle au Président de la République. "Le RN est prêt à aller dans le sens d'un texte qui soutient le pouvoir d'achat, qui empêche la retraite à 60 ans, bref  out texte qui correspond à nos idées " explique Louis Alliot. 

Et comme Hadrien Clouet, le maire de Perpignan reste prudent : "On verra si le gouvernement est prêt à faire des concessions. Jusqu'à présent, aucun amendement du RN n'a été repris par la majorité présidentielle.

Et de conclure : "On n'est pas obtus, on n'est pas dans l'opposition frontale et caricaturale comme Mélenchon. Mais nous ne pouvons pas aller à l'encontre du programme pour lequel nous avons été élus."

Le message est clair. Pas d'opposition systématique, mais les compromis passeront par le vote de textes qui correspondront aux idées du Rassemblent national.

A l'autre bout de l'échiquier politique (et donc de l'Assemblée nationale), Hadrien Clouet de "La France Insoumise" ne dit pas autre chose. Des compromis oui, mais hors de question de transiger sur le programme électoral de la Nupes.