Littérature : l’auteur toulousain Santiago Mendieta livre ses «histoires retrouvées de la guerre d’Espagne»

Tumultueuse mémoire que celle de la guerre d'Espagne. Santiago Mendieta la ravive à travers vingt récits d’histoires connues et moins connues, entrant dans l’intimité des personnages qu’elles mettent en scène.

Quelques uns des personnages de ces histoires retrouvées illustrés par Marc N'Guessan
Quelques uns des personnages de ces histoires retrouvées illustrés par Marc N'Guessan

« Près de huit décennies après la fin de la guerre d’Espagne, les passions sont loin d’être éteintes outre-Pyrénées. Les écueils, incompréhensions et désaccords demeurent entre héritiers de cette mémoire qui se partage encore entre « vainqueurs » et « vaincus ». » L’avant-propos de Santiago Mendieta est clair.

Et l’auteur de rappeler en introduction que l’extrême droite vient de faire son retour à l’Assemblée Nationale espagnole avec Vox. Disparus non identifiés, enfants enlevés du franquisme, biens confisqués aux vaincus, loi d’amnistie, l’Espagne est loin d’avoir crevé tous les abcès de son interminable guerre civile.  

Franco et le pétrole végétal

Pour débuter, quoi de mieux que portraitiser Franco en personne ? La plume est ici acérée et le ridicule vient instantanément à bout de la statue du commandeur. Certes l’homme reste le plus jeune général des armées à 33 ans mais a construit lui-même sa légende en parlant à des journalistes avides d’histoires.

Francisco Franco Bahamonde s’avère par exemple à tel point naïf qu’il croira à la fabrication d’un pétrole végétal qu’un charlatan vient vendre à son pays. Raillés par d’autres putschistes, il se voit aussi attribuer le joli surnom de « Miss Iles canaries 1936 ».

Manuel Azaña traqué jusqu’à Montauban

Mais l’homme est rancunier. En atteste la traque qu’il organisera contre Azaña qu’il poursuivra jusqu’à Montauban où l’éphémère Président de la République Espagnole se réfugiera. Manuel Azaña qui avait rapidement vu en Franco un homme dangereux et qui l’avait écarté à plusieurs reprises du haut commandement des armées.

Dans ce livre, vous pourrez aussi croise Dolores Ibarruri, « la passionaria de fer », « l’idée même de la femme qui défend avec passion une cause juste » comme la décrit l’auteur. Elle incarnera le symbole de la résistance aux généraux insurgés. Généraux contre lesquels elle prononcera dans un discours en juillet 1936 le désormais célèbre et repris ailleurs « no pasaran ».

A l’origine du terme « passionaria » et du « no pasaran »

Ancienne femme de mineur, esclave domestique, elle s’émancipera en lisant des ouvrages sur le communisme. Elle publie ses premiers articles en les signant « Passionaria », en référence àa la fleur de la passion du christ, la passiflore.

A la mort de Franco, le 20 novembre 1975, elle prononce un discours au micro de Radio España Independiente baptisée « La Pirenaïca » (la pyrénéenne), alors que cette radio émet en secret depuis…Bucarest.

Pour retrouver ses histoires et bien d’autres, plongez-vous dans cet ouvrage. Un rappel à l’ordre salvateur à l’heure où populismes et nationalismes gangrènent bon nombre de nations y compris européennes.

« Histoires retrouvées de la Guerre d’Espagne, de 1931 à nos jours » de Santiago Mendieta, Le Papillon Rouge éditeur

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