"Malgré des médailles, ils n'ont aucune prime" : porte-drapeau et champion des JO des sourds et malentendants, cet athlète se bat pour une reconnaissance

C'est l'équivalent des jeux paralympiques pour les athlètes sourds et malentendants. Les Deaflympics se déroulent du 2 au 12 mars à Erzurum (Turquie). Le porte-drapeau de la délégation française Nicolas Sarremejane est Toulousain. Il compte déjà 2 médailles au compteur. "Malgré les médailles, ils n'ont aucune prime, c'est pour ça que Nicolas se bat", déclare sa mère Véronique.

La compétition se déroule en marge des Jeux Parlaympiques pour cause de mésentente entre fédérations. Les épreuves ont commencé en Turquie et la délégation française compte 5 sportifs, dont 3 skieurs alpins coachés par Jeff Picard, un ancien membre de l'équipe de France. 

Nicolas Sarremejane, un homme en or

Nommé par les autres athlètes, Nicolas Sarremejane est le porte-drapeau de la délégation. Il en est à sa troisième participation aux Deaflympics.

Sur le site de France-paralympique.fr, il est très honoré de cette distinction : "Avec mon expérience, j’espère pouvoir leur partager ma gestion de la pression. Mais surtout leur inculquer l’envie de donner le meilleur de soi-même. On échange beaucoup entre nous. Le ski de fond qui est avec nous cette année, nous permet aussi d’avoir un autre regard sur l’appréhension de la compétition."

Dimanche 3 mars, c'est le début des épreuves et le skieur a répondu présent : médaille d'or au Super-G pendant que son coéquipier Thomas Luxcey remportait la médaille de bronze.

"On ne peut qu’être fier de son fils, reconnaît sa maman Véronique. Je m’attendais à une médaille, peut-être, mais pas l’or d’entrée".

Hier mardi, place au Super-Combiné (une manche de Super-G et une de slalom), rebelote. On prend les mêmes et on recommence, mais dans le désordre : Thomas Luxcey monte sur la plus haute marche et Nicolas Sarremejane doit se contenter de la 3e.

Le Toulousain en est à sa troisième participation, il compte actuellement 8 médailles pour ces jeux. Il reste encore 2 épreuves : le slalom et le géant où Nicolas devrait encore briller.

Atteint de surdité depuis tout jeune

Nicolas est atteint de surdité profonde. "Il est sourd à 80%, reconnaît sa mère Véronique. Petit, il avait des otites bénignes. À 4 ans, il est tombé sur la tête à l'école, victime d'un traumatisme crânien. Ça lui a détruit et fissuré les oreilles internes. Il lit sur les lèvres, c’est ainsi qu’il arrive à communiquer."

Il est muni d'appareils auditifs dans la vie de tous les jours, qu'il doit enlever en compétition handisport. Un véritable défi et des sensations différentes qui causent des pertes d'équilibre.

Avec beaucoup de persévérance, malgré son handicap et les absences à cause du ski alpin, il a tout de même décroché un BTS Système électronique.

Malgré les médailles, ils n'ont aucune prime, c'est pour ça que Nicolas se bat

Véronique Sarremejane, la mère de Nicolas

Licencié du Ski Club Lourdais, il est désormais au Ski Toy. Ses performances et sa régularité lui permettent d'avoir le statut de sportif de haut niveau. Il n'y a que 5 sportifs sourds et malentendants à avoir ce statut et il est le seul skieur. C'est grâce à son papa décédé il y a 8 ans qui l'a aidé dans ce combat.

Sur le site de Franceinfo, il explique la difficulté des athlètes comme lui et le manque de reconnaissance de ces jeux : "Comme les Deaflympics ne sont pas reconnus comme une compétition de haut niveau, car le Comité international des sports des sourds n'est pas membre de l'IPC (Comité paralympique international), nous n'avons pas accès aux primes de médailles ou aux aides financières. Pourtant, il ne faut pas oublier que la surdité, c'est un handicap sensoriel comme les aveugles. Avec un ami tennisman également malentendant, on a envoyé un courrier à la ministre des Sports il y a plus d'un mois. On va voir si on peut relancer tout ça." 

20e édition des Deaflympics

Les Deaflympics fêtent leur 20e édition. C'est l'une des plus vieilles compétitions sportives internationale, antérieure aux jeux paralympiques.

Il existe des Deaflympics d'été et d'hiver comme ceux qui se déroulent jusqu'au 12 mars. La première compétition des jeux d'hiver a lieu en Autriche en 1949. Ils ont été organisés une seule fois en France (Méribel) en 1979.

Pour cette édition, 36 pays sont représentés avec plus de 1 000 participants. Comme souvent, la tenue de cet événement est assez aléatoire. La compétition devait se dérouler au Canada, puis en Autriche et avoir lieu... en 2025 ! Ce n'est qu'au tout début de l'hiver que tout a été officialisé. Les athlètes ont donc eu très peu de temps pour se préparer. "Il n'y a pas eu beaucoup de neige dans les Pyrénées déclare Véronique Sarremejane. Nicolas n'a pas pu beaucoup s'entraîner. Il a fait beaucoup de musculation, des cardios, des fractionnés en salle." 

Ce seront certainement les derniers Deaflympics de Nicolas Sarremejane. Une chose est sûre : il continuera de se battre pour que cette compétition ne se déroule pas dans l'indifférence et que ces sportifs médaillés soient justement récompensés. 

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