Métro jusqu'à 3 heures du matin le week-end à Toulouse : pourquoi ça coince ?

Photo d'archive / © MaxPPP
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Promesse de campagne de Jean-Luc Moudenc la prolongation du métro les vendredis et samedis jusqu'à 3 heures du matin entre en vigueur cette semaine. Mais les syndicats de Tisséo ont déposé un préavis de grève. 

Par Fabrice Valery

Des principales promesses électorales de Jean-Luc Moudenc en matière de transports, la prolongation des horaires du métro jusqu'à 3 heures du matin les vendredis et samedis soirs devait être la plus simple à mettre en place. La seconde rocade ou encore la 3ème ligne de métro, ce sera tout autre chose ! Pourtant cette mesure qui devait être indolore doit fait face à une menace de grève des syndicats de Tisséo, l'exploitant du réseau toulousain. 

Inauguration en grandes pompes 

Tout est prévu pour inaugurer en grande pompe cette prolongation, ce vendredi 7 novembre : groupes musicaux dans certaines stations, photo officielle, discours des élus et stands d'information pour les noctambules. Mais ça coince chez Tisséo. A Toulouse, le métro a beau être "automatique", il faut tout de même une dizaine de personnes au PC de circulation et sur le terrain pour assurer son fonctionnement, plus le personnel de prévention et de gestion des stations. Sans eux, le métro s'arrête.

Une opération à 800.000 euros

Cette promesse électorale a aussi un coût : 800.000 euros par an selon nos informations, pour une centaine de soirées. Il a fallu renforcer les équipes d'agents de prévention, élargir les horaires des agents de station (qui ferment les stations la nuit) et même créer un emploi de chef de poste au PC Circulation, selon la direction de Tisséo. Quant aux agents de ce PC qui font tourner le métro, ils travaillaient déjà la nuit après la fermeture du métro : la direction a décidé de repousser à d'autres nuits leurs actions de formation. 

Deux préavis de grève

"On n'est pas contre cette prolongation, précise Franck Bouard, du syndicat Sud-Tisséo. Mais cela doit se faire dans de bonnes conditions, notamment de sécurité pour le public mais aussi pour les agents". Pour les syndicats, cela passe par la création d'une 8ème équipe ("même en redéployant des postes en interne", précise Franck Bouard), et la revalorisation salariale. "On va devoir gérer des usagers plus festifs, explique Franck Bouard, parfois alcoolisés, et la sécurité de tous est en question". Deux préavis de grève ont donc été déposés : l'un, sur les salaires, le nombre d'équipes et la pénibilité a été lancé le 2 octobre et court jusqu'au 31 janvier 2015. Un second sur d'autres revendications plus précises a été déposé la semaine dernière. 

"Ce n'est pas le Bronx"

"Toulouse le soir, ce n'est pas le Bronx et on a l'expérience du travail de nuit" réagit Olivier Poitrenaud, le directeur général de Tisséo, à propos des problèmes de sécurité que pourraient rencontrer les agents sur le terrain. "Cette prolongation des horaires n'est pas une nouvelle offre, il n'y a pas de mission supplémentaire, ajoute-t-il, donc pas de raison de donner du salaire en plus". Pour la direction de Tisséo, les syndicats veulent se servir de cette mise en place des nouveaux horaires pour obtenir autre chose. 

La menace du blocage

La mise en place de cette prolongation vendredi soir sera-t-elle perturbée par un arrêt de travail ? En décembre 2013 déjà, l'inauguration officielle du prolongement du tramway avait été annulée, sous la menace d'une grève. Cette fois, les agents du métro ont déjà montré leurs intentions : une heure trente d'arrêt pendant le marathon de Toulouse, il y a une semaine. Et depuis dimanche, le service du métro ne démarre qu'à 6 heures du matin au lieu de 5h15. En raison de la grève. 

Vidéo rencontre avec syndicats, reportage de Yan-Olivier d'Amontloir et Xavier Marchand
Rencontre avec syndicats Tisséo

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