Près de Toulouse : les galères d'une famille délogée par un incendie

Depuis plusieurs semaines, la famille Fareh vit dans un logement provisoire. Les parents et leurs 2 enfants ne peuvent plus revenir dans leur appartement situé à Portet-sur-Garonne, tout proche d'une usine qui a brûlé le 23 janvier. Depuis, les galères s'enchaînent et les difficultés s'accumulent.
La famille Fareh dans son logement provisoire route de Saint-Simon à Toulouse
La famille Fareh dans son logement provisoire route de Saint-Simon à Toulouse © B.Roux/Francetv
Quand tout part en fumée.
En apparence, tout pourrait être normal. Une famille avec les deux parents, deux enfants de 8 et 11 ans. Suite à l'incendie d'une usine de recyclage à Portet-sur-Garonne, ils ont dû quitter leur logement. Mais ils sont relogés dans un T3 d'une résidence hôtelière située route de Saint-Simon à Toulouse. Un cadre plutôt verdoyant, un logement plutôt agréable et en bon état. Alors... Où est le problème ?
 

Fumées plastiques et amiante

Tout d'abord, lorsque l'usine qui stocke et recycle des radios médicales a brûlé le 23 janvier vers midi, ils ont dû quitter précipitamment leur logement.
 

Pas le temps de prendre des affaires, car les fumées de plastique étaient dangereuses. Sans compter la toiture amiantée avec les poussières qui volent de partout. Donc aujourd'hui, la famille Fareh est dépourvue de biens petrsonnels : vêtements, certains papiers, meubles, outils, etc. Les enfants ont perdu jouets et affaires scolaires : livres, cartables, matériel. La galère quoi. Une expertise est en cours mais ils ont interdiction de pénétrer dans leur ancien logement. Il est fort probable que tous les effets personnels contaminés par l'amiante et autres fumées dangereuses soient jetés dès que les conclusions seront connues.
 

L’urgence de l’autisme

Côté nouveau logement, pas de machine à laver donc la famille doit se déplacer au Lavomatic et payer pour chaque lessive. Un détail ? Oui, certainement. Mais c'est un coût qui se rajoute au rachat de toutes les affaires personnelles, au loyer de 715€ de l'ancien logement qui continue d'être payé fait que la famille alors qu'elle ne peut plus l'habiter. Il y a aussi des frais supplémentaires pour que leur fille Stecy puisse aller à son collège de Portet-sur-Garonne.

Plus préoccupant, son frère le petit Malik 8 ans souffre d'autisme non verbal -c'est à dire qu'il parle quasiment pas- avec des troubles graves du comportement. Il ne peut pas être scolarisé et doit se rendre quotidiennement dans un hôpital de jour ou dans un Institut Médico-Educatif. Il n'a plus ses repères dans le nouvel appartement. Tout le travail, tous les rituels mis en place depuis des années par les parents et le personnel médical sont en train de s’effondrer. Une difficulté majeure pour lui, pour sa sœur avec qui il partage la chambre et pour ses parents dont la mère qui a dû s’arrêter de travailler pour s’occuper de lui.

Pour compléter le tableau, le père est au chômage et la mère a dû reporter une opération chirurgicale suite à l’incendie. Les 4 membres de la famille  souffrent d’un syndrome de stress post-traumatique diagnostiqué à l’hôpital Purpan de Toulouse.
 

Des interrogations

Devant l’urgence de la situation, une association les a mis en contact avec une avocate toulousaine qui a préféré transmettre le dossier à maître Marie-Julienne de Gerando à Paris. L'avocate est spécialisée dans la réparation du préjudice corporel et le droit du handicap. Elle a fait des démarches pour alerter le Ministère de l’Intérieur, le Secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées, mais aussi le préfet. Des questions se posent sur la proximité de l’ancien logement des Fareh avec une usine qui traite des matières plastiques et dont la toiture est en amiante. Selon Virginie Fareh, plusieurs bouteilles de gaz étaient sur place et certaines ont explosé durant l’incendie. L’avocate que nous avons jointe au téléphone va demander un référé-expertise pour en savoir plus sur les causes du sinistre ou la conformité du logement. Par ailleurs, elle va déposer un recours en indemnisation par rapport au propriétaire de l’usine qui est aussi celui du logement qu’occupait la famille Fareh.

Sur la page facebook des pompiers le 23 janvier 2020 on pouvait voir les dégâts grâce à des images prises par drone. 

La solidarité face aux maux

En attendant, la solidarité s’organise. Le 23 janvier au soir, la mairie de Portet-sur Garonne est intervenue pour proposer une solution de relogement. Depuis cette date, c’est la Caisse Centrale d’Activités Sociales (CCAS) de la ville qui paie le nouveau logement, soit une dépense de 3500€ à ce jour. La famille est dans l’attente d’un T4 à Portet-sur-Garonne par rapport à Stecy scolarisée au collège de la ville mais aussi par rapport à Malik dont il faut organiser quasi-quotidiennement les transports médicalisés.

Mes enfants partagent la même chambre. Quand Stecy veut se poser pour faire ses devoirs, elle ne peut pas. Mon fils Malik a aussi besoin de se retrouver seul dans son univers, dans ses espaces, car il est autiste


La mairie de Portet-sur-Garonne travaille avec 3 bailleurs sociaux. Elle dit être à la recherche de solutions et plusieurs propositions non-corformes selon la famille ont été faites. Les Fareh auraient repéré plusieurs logements dont un situé dans le quartier du Récébédou qui correspondrait à leurs attentes. Mais pour l’heure, rien n’a encore été débloqué.

Plus le temps passe, plus il est urgent d’agir pour le petit Malik et sa famille. Une cagnotte vient d'être mise en place pour que la vie des Fareh arrête de se consumer. 
 
Voir le reportage de Benoît Roux et Thierry Villéger
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