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Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : Laurent Dejean confronté à ses incohérences

Laurent Dejean et son avocat Guy Debuisson. / © Manon Billing/AFP
Laurent Dejean et son avocat Guy Debuisson. / © Manon Billing/AFP

Mercredi 27 mars 2019, 10ème jour du procès devant la cour d'assises de Haute-Garonne de Laurent Dejean, l'accusé est de plus en plus poussé dans ses retranchements. Mensonges, versions diverses et variées, incohérences : chaque élément du dossier est à nouveau passé au crible.

Par Marie Martin

Retour à la Clio


Le président l'annonce d'emblée, à l'ouverture de l'audience : il souhaite revenir longuement sur des questions évoquées la veille. Et notamment la Clio blanche de Laurent Dejean.

Sitôt passée l'audition de l'enquêteur de personnalité auprès du tribunal de grande instance de Toulouse, de laquelle on n'a rien appris de nouveau sur l'accusé, le président interroge à nouveau Laurent Dejean. Et il a de nombreuses questions. 

Il revient tout d'abord sur le témoignage-clé de Nicolas Gelis, qui aperçoit, le 14 février 2011, Patricia Bouchon qui court sur la route de Fronton puis croise une Clio blanche première génération, à l'arrêt, feux éteints et débordant sur la ligne blanche. Et la question est on ne peut plus claire : "Est-ce que c'était la vôtre, monsieur Dejean ?"
"Non", répond l'accusé. "Je n'ai jamais eu de Clio grise". 
"Est-ce que c'était vous, ce jour-là, monsieur Dejean ?"
"Mais non ! Ce n'est pas moi, monsieur le juge. Le jour des faits, je dormais. Je me levais à 6 heures".

Mais les dénégations ne suffisent plus, ce mercredi 27 mars 2019. Le président insiste. Cette Clio ressemble beaucoup à celle que possédait Laurent Dejean et que décrivent ses proches. 
Idem pour le portrait-robot. 


Des contradictions

Laurent Dejean avait-il l'habitude de se promener la nuit ? Plusieurs témoins le disent. "Pas quand je travaillais, monsieur le président. Je ne suis pas du matin, j'ai du mal à me réveiller. Je ne me promenais pas la nuit, seul". 
"Vous n'êtes pas un coucou régulier, non plus, monsieur Dejean", rétorque le président.
Du tac au tac, l'accusé lui répond :"Je ne suis pas un criminel, monsieur le jugeAbsence de preuves et vice de forme : c'est dramatique, cette cour d'assises".


"Ecoute les questions !"

Mais ce n'est pas tout. La buse dans laquelle Patricia Bouchon a été retrouvée, le 29 mars 2011, Laurent Dejean pouvait la connaître, ont dit certains témoins. Il connaît les environs de Bouloc comme sa poche, il passait là en mobylette pour aller en boîte quand il était plus jeune. Et surtout, il a travaillé dans les vignes, à un kilomètre de là. 
Le jour du meurtre, le 14 février 2011, un chasseur aperçoit une silhouette dans un petit véhicule arrêté. Il dit l'avoir recroisé 15 jours plus tard. Cette fois, il voit le visage. Lors d'un "tapissage" (présentation de plusieurs photos à un témoin), il désignera Laurent Dejean comme pouvant être l'individu aperçu. 
L'accusé ne sait pas, il ne connaît pas spécialement cette buse. A une question de maître Baro, avocate de la partie civile, il s'égare. Son avocat, maître Guy Debuisson, l'interrompt vivement : "Arrête de couper la parole. Ecoute les questions, maintenant !". Laurent Dejean acquiesce. 


Un galet de Garonne

Un fait troublant est encore évoqué : lors d'une de ses auditions, l'accusé a mentionné un galet de Garonne, qui lui semblait manquer en bord de la route de Fronton, aux abords du chemin de terre dans lequel Patricia Bouchon a été tuée. Il dit alors avoir pensé que ce galet avait pu servir à la tuer. 
Aujourd'hui, il ne s'en souvient pas bien. "A quel moment on vous croit, monsieur Dejean ?", s'agace maître Stéphane Juillard, avocat de Christian Bouchon. "Vous êtes tout le temps en train de mentir".
Dans la procédure, un procès-verbal d'audition mentionne que ce serait le jour de la Saint-Valentin, le 14 février 2011 donc, jour de la disparition de Patricia Bouchon, que Laurent Dejean affirme avoir remarqué le galet manquant, alors qu'il roulait, dit-il, à 70 km/heure sur cette route.

Laurent Dejean conclut la matinée d'audience par ces mots : "Cela fait 41 mois que j'attends ma libération. Je suis outré parce que personne ne veut m'entendre". 

 

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