Un projet de méthaniseur aux confins de plusieurs villages du Comminges oppose agriculteurs et riverains

L 'unité de méthanisation agricole qu'un groupe d'agriculteurs projette d'installer à la sortie de village de Ponlat-Taillebourg provoque le courroux de l'association Bien vivre en Pays Commingeois, créée pour s'opposer à ce projet. "Vertueux" pour les uns, "polluant" pour les autres. 

L'unité de méthanisation agricole serait installée à l'entrée de Ponlat-Taillebourg
L'unité de méthanisation agricole serait installée à l'entrée de Ponlat-Taillebourg © Jean-Paul Chambrion
Créée pour s'opposer au projet d'un méthanisateur agricole porté par une demi-douzaine d'agriculteurs regroupés au sein de l'association "Métha31210" , l'association "Bien Vivre en Pays Commingeois" multiplie les réunions publiques d'information.

55 tonnes de déchets méthanisés chaque jour

Ce méthaniseur, d'un coût de 4 millions d'euros, serait installé sur un demi hectare à la sortie du village de Ponlat-Taillebourg aux confins des communes de Franquevielle et des Toureilles, pour transformer des déchets organiques (déjections animales, substrats de végétaux) en biogaz. Ce gaz obtenu par fermentation a pour vocation d'être réinjecté dans le réseau public, et les résidus épandus en qualité d'engrais dans les champs. 20.000 tonnes de déchets seraient ainsi mises en fermentation chaque année, soit 55 tonnes par jour.

Le projet, pour lequel "Métha31210" devrait recevoir, selon ses promoteurs, "environ 20% de subventions publiques" (Etat, Région et communauté de communes) mais sucite une opposition grandissante des riverains.

Ça va puer à 3 kilomètres à la ronde

, s'exclame Jean-Louis Gormand, le secrétaire de "Bien Vivre en Pays Commingeois", forte d'une cinquantaine d'adhérents.

Pollution olfactive, sonore et environnementale selon les opposants

Selon lui, cette pollution olfactive se cumulerait à la circulation des bennes de déchets et à la pollution des champs avec "l'épandage d'un digestat très amoniaqué, comprenant beaucoup d'azote et dans lequel se sont multipliées les bactéries". "Sans compter, ajoute-t-il, qu'au début un méthaniseur c'est étanche et qu'ensuite c'est plein de trous". "Produire du méthane, explique-t-il encore, c'est aussi produire du protoxyde d'azote, un puissant gaz à effet de serre et du sulfure d'hydrogène qui pue comme de l'oeuf pourri".

Energie propre, renouvelable et vertueuse pour les agriculteurs porteurs du projet


A l'inverse, les agriculteurs porteurs du projet contestent toute perspective de pollution olfactive.

Il n'y aura pas d'odeurs puisque le processus de méthanisation est confiné

, promet Olivier Beaufils, à l'origine d'un projet qu'il présente comme "vertueux".

"Il s'agit d'énergie renouvelable, propre et durable", assure-t-il, "tournée vers la transition écologique pour répondre à la demande sociétale". Cette énergie apporterait également un complément de revenus aux agriculteurs, le gaz ainsi produit étant garanti d'un rachat à très bon prix.  

Olivier Beaufils parle aussi d'une "indispensable concertation" et d'"une phase de communication avec les riverains". Laquelle paraît bien difficile tant les points de vue sont tranchés et opposés.

En savoir plus : la méthanisation expliquée par l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie)
 
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