Quand les dealers affichent leurs tarifs aux pieds d'un immeuble de Toulouse

Les tarifs sont affichés au grand jour / © France 3
Les tarifs sont affichés au grand jour / © France 3

Depuis quelques jours, les habitants d'un immeuble du quartier de Bellefontaine ont découvert des inscriptions sans équivoques : on y trouve les tarifs du "shit", de la "beuh" et de la "coke". Comme dans un supermarché. 

Par Fabrice Valery

C'est un peu comme dans un magasin : le client peut comparer les tarifs des différents produits ; il peut en choisir la qualité ; il peut même bénéficier d'un rabais en fonction de la quantité achetée... C'est écrit noir sur blanc, comme dans n'importe quelle boutique.

Sauf qu'on n'est pas dans un vrai magasin mais aux pieds d'un immeuble, le Tintoret, à Bellefontaine dans le quartier du Mirail à Toulouse. Et que la marchandise vendue, ce sont des stupéfiants. 

Depuis quelques jours, les habitants de cet immeuble ont donc découvert sur un mur extérieur, la "tarification" des dealers du quartier affichée au grand jour : 
Plus on achète, moins c'est cher ! / © France 3
Plus on achète, moins c'est cher ! / © France 3

Les inscriptions sont bien visibles : 10 euros les 2 grammes d'herbe, 50 euros le gramme de cocaïne, 80 euros les 25 grammes de résine de cannabis. 

Ces inscriptions, peintes à la bombe, conduisent aux dealers installés à proximité. Le marché s'opère ainsi au grand jour. Selon un témoignage, les "tarifs" ont été écrits il y a au moins une dizaine de jours. 

"Ces tags sont effacés tous les jours par nos équipes, explique une porte-parole du bailleur social le Groupe Les Chalets, qui gère trois immeubles dans le quartier du Mirail. Mais aussitôt effacés, aussitôt réécrits. Pourtant, on ne lâche pas, on n'abandonne pas nos occupants". Les Chalets précisent qu'ils sont le seul bailleur social du Mirail à avoir une équipe de salariés qui intervient au quotidien notamment pour effacer les tags et inscriptions, quand les autres bailleurs font appel à des prestataires. "Un travail extrêmement difficile", selon Les Chalets.

Ce sentiment d'impunité des dealers, qui font régner la terreur auprès des habitants, rappelle un autre épisode du même type à Toulouse : en septembre dernier, une lettre de menace, attribuée aux dealers, avait été affichée dans le hall d'un immeuble du quartier des Izards. Signé : la direction. 

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