Réchauffement de la planète. Des scientifiques manifestants accusent BNP Paribas de financer des "bombes climatiques"

Les Scientifiques en Rébellion se mobilisent à travers la France, mercredi 10 mai, dans le but d'alerter sur la nécessité d'arrêter l'ouverture et le financement de nouveaux sites d'extraction de pétrole et de gaz. À Toulouse, une vingtaine d'activistes ont organisé un happening devant un agence de BNP Paribas afin de dénoncer le financement de nouveaux projets d’énergie fossile.

Devant l'agence BNP Paribas près de la place Esquirol à Toulouse (Haute-Garonne), la vingtaine de militants des Scientifiques en Rebellion et Extinction rebellion allument des fumigènes, déploient une banderole sur laquelle est inscrit "Stop Eacop" (Eacop, projet pétrolier en Ouganda et Tanzanie de TotalEnergies), installent une bombe factice sur lequel est écrit "Bombes climatiques : qui sont les véritables eco-terroristes ?" avant de s'allonger sur le trottoir.  

Des projets incompatibles avec les objectifs de l'Accord de Paris

Ce mercredi 10 mai, à travers toute la France, des dizaines de scientifiques ont multplié ce type d'opération dans le but d'alerter sur la nécessité d'arrêter l'ouverture et le financement de nouveaux sites d'extraction de pétrole et de gaz. 

Ces scientifiques mettent en garde contre le fait que de tels projets sont incompatibles avec les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat, qui vise à limiter le réchauffement de la planète à moins de 2°C, voire 1,5°C si possible. Des projets que la littérature scientifiques qualifient de "bombes climatiques". Les actions ont visé l’un des principaux financeurs mondiaux des énergies fossiles (1er financeur européen et 4e mondial) : la banque française BNP Paribas, 

Une autre action le 12 mai

Dans un communiqué de presse, Aude Carreric, climatologue, souligne que "malgré ses belles déclarations, BNP Paribas est la banque française qui investit le plus dans les énergies fossiles. Elle a, par exemple, été entre 2016 et 2022, la quatrième au niveau mondial pour le financement de l’expansion des énergies fossiles, et la première en 2022 pour le financement du pétrole et du gaz offshore".

Pour Kévin Jean, épidémiologiste : "En 2023, après un 6e rapport du GIEC, des sécheresses historiques, des records climatiques qui tombent les uns après les autres, on ne peut plus se contenter des belles déclarations de principes des acteurs financiers. Les banques, et la BNP Paribas, doivent être mises devant leurs responsabilités".

Les Scientifiques en rébellion annoncent d'ores et déjà une nouvelle journée d'action nationale le 12 mai. Cette fois-ci, c'est la production d’énergies fossiles qui sera directement ciblée.

Dans un communiqué de presse BNP Paribas assure considérer "la sortie des énergies fossiles comme essentielle" et se distinguerait par son "engagement dans le désinvestissement des énergies fossiles et l'accélération du financement des énergies bas-carbone, principalement renouvelables." La banque explique ne pas financer le projet EACOP de TotalEnergies et condamne les attaques et dégradations contre ses agences, soulignant les désagréments causés aux clients et aux usagers du quartier, ainsi que le soutien apporté à ses collaborateurs affectés par ces actes de vandalisme et d'agression envers ses activités bancaires quotidiennes.

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