Sècheresse hivernale : les réserves d'eau du bassin Adour-Garonne au plus bas

Après un été caniculaire et un hiver sans précipitation, l'état des réserves en eau est préoccupant. Le déficit atteint parfois 70%. Les préfets sont appelés à prendre des arrêtés de restriction d'eau "dès maintenant" pour anticiper d'éventuelles situations de crise l'été prochain.

"En Occitanie, le niveau d'humidité des sols correspond à celui observé normalement fin mai". Voilà ce qu'a déclaré le ministre de la Transition écologique qui réunissait lundi 27 février au soir les préfets coordinateurs de bassin pour évoquer la sécheresse hivernale inédite en France. Christophe Béchu les a appelés à prendre des arrêtés de restriction d'eau "dès maintenant" pour anticiper d'éventuelles situations de crise pendant l'été.

Alerte sur le déficit d'eau dans les sols


La France subit une sécheresse inédite depuis plusieurs semaines qui fait suite à une année 2022 déjà particulièrement pauvre en précipitations. Entre le 21 janvier et le 21 février, la métropole n'a pas connu de véritable pluie. La situation est préoccupante dans trois régions : Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur. 

L'ensemble des départements français est en dessous de la normale d'humidité des sols. 

  Tous les cours d'eau concernés

Le phénomène de sécheresse hivernale touche tous les cours d'eau d'Occitanie. Avec une absence de précipitations, un été très sec et un enneigement extrêmement faible cet hiver, le bassin Adour-Garonne affiche des niveaux insuffisants pour la saison. 

Les réserves d'eau de Saint-Girons et de Montbel en Ariège qui alimentent le réseau toulousain par exemple, sont remplies entre 20 à 30% de leurs capacités. A la même période, elles devraient être à 80%.

Guillaume Choisy, directeur général de l'agence de l'eau Adour-Garonne

Le débit de la Garonne en baisse de 50%

Selon les prévisions scientifiques, l'asséchement des sols entraînera une baisse de 50% du débit de la Garonne en 2050. L'agence de l'eau Adour Garonne travaille déjà à des actions de résilience pour tenter de freiner le phénomène qui semble inéluctable. "Pour préserver les sols, il faut qu'une goutte d'eau tombée dans les Pyrénées mette le plus de temps possible à rejoindre la mer" déclare Guillaume Choisy, le directeur de l'agence de l'eau Adour-Garonne.

D'ici fin mars, les préfets devront réunir les comités départementaux de ressources en eau pour prendre des arrêtés de restriction là où cela est nécessaire.