Situation bloquée au 18ème jour de grève de la faim d'une enseignante du collège Bellefontaine devant le rectorat de Toulouse

L'enseignante du collège Bellefontaine de Toulouse, mutée "dans l'intérêt du service" avec 5 de ses collègues, à la suite d'une grève observée fin 2014, a entamé jeudi devant le rectorat son 18ème jour de grève de la faim. Elle réclame toujours en vain la levée de toutes les procédures.

Mercredi, au 17 è jour de grève de la faim de l'enseignante du collège de Bellefontaine devant le rectorat de Toulouse
Mercredi, au 17 è jour de grève de la faim de l'enseignante du collège de Bellefontaine devant le rectorat de Toulouse
Très amaigrie, Laure Betbeder, qui avait déjà dû effectuer un séjour aux urgences pour une grosse hypoglycémie, s'affaiblit un peu plus chaque jour. Mais sa détermination reste entière. Rejointe dans sa grève de la faim par sa mère depuis 4 jours, la professeur de Svt bénéficie du soutien d'un collectif d'amis et de collègues ainsi que des syndicats Sud Education et de la CGT.

A 17 heures 30, un nouveau rassemblement était ce jeudi devant le rectorat de Toulouse. Le député des Pyrénées Atlantiques Jean Lassalle devrait y prendre la parole pour soutenir l'enseignante du collège Bellefontaine. Le parlementaire, connu pour avoir observé 39 jours de grève de la faim en 2006 pour s'opposer à la délocalisation de l'usine Toyal dans la Vallée d'Aspe, avait reçu le 1er juillet à Paris Laure Betbeder, qui l'avait sensibilisé à son action.

Par ailleurs, tout au long de la journée, 4 des 5 enseignants, qui font comme Laure Betbeder l'objet d'une "mutation dans l'intérêt du service", étaient convoqués chez le secrétaire général du rectorat. Les uns après les autres. Comme pour tenter de régler individuellement ce que les enseignants mutés d'office ressentent comme une sanction collective pour avoir simplement exercé leur droit de grève.

Le collectif de soutien à Laure Betbeder, relayé par le député Jean Lassalle, en a appelé en vain à la ministre de l'Education Najat Vallaud-Bellkacem. Il a aussi demandé, sans plus de réponse, sa médiation à la ministre de la Fonction publique :


De leur côté, 67 enseignants du Lycée Stephane Hessel de Toulouse ont co-signé une lettre à la rectrice d'académie lui demandant "de bien vouloir faire preuve de bienveillance à l'égard de nos 5 collègues du Collège Bellefontaine". Dans cette lettre, reprise par 43 autres enseignants toulousains du lycée Rive Gauche, ils suggèrent à la rectrice de "réouvrir la discussion pour que nos collègues puissent conserver la possibilité d'enseigner à la rentrée dans leur collège."

"Nous sommes inquiets de la tournure que prennent les événements avec une grève de la faim entamée par une des nos collègues depuis le 22 juin",

expliquent-ils. "15 jours déjà ! Et dans une période de canicule ! Nous ne voudrions pas que cette affaire finisse par prendre un caractère dramatique qui engagerait de fait votre responsabilité. Les conditions de travail sont pénibles, parfois très pénibles même en Zone sensible, et il ne faut pas rajouter de la tension et du conflit là où nous avons besoin de dialogue et de compréhension".
 
Pour sa part, le rectorat appelle à "raison garder". Le directeur de cabinet de la rectrice, Laurent Soutenet, indique qu'il "regrette la posture un peu disproportionnée de Madame Betbeder dans cette affaire".  "Une grève de la faim est quelque chose de grave. Elle met sa santé en danger", constate-t-il, avant d'expliquer que "le rectorat n'a pas pris de sanction mais des décisions de "mutation dans l'intérêt du service". "C'est une mesure exceptionnelle, qui correspond à une situation exceptionnelle, prise pour remettre un établissement en bon état de marche", conclut-il.

Les points de vue demeurent donc pour l'heure inconciliables. Et le bras de fer se poursuit entre l'enseignante gréviste de la faim et son administration de tutelle.



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