TEMOIGNAGE. Infectée par le papillomavirus, elle se voit retirer une partie du col de l'utérus : "j'ai été traumatisée"

Le vaccin contre le papillomavirus va être proposé aux collégiens, dès la rentrée. Ce virus sexuellement transmissible peut entraîner des cancers. Même vacciné, il faut surveiller attentivement les signes avant-coureurs. A 29 ans, Emilie s'est vu retirer une partie du col de l'utérus, après avoir contracté le papillomavirus, alors qu'elle était vaccinée.

Objectif vaccination. A cette rentrée 2023, les collégiens en classes de 5e pourront se vacciner contre les papillomavirus humains (HPV), virus contagieux et sexuellement transmissibles. Le but ? Réduire au maximum les risques de cancer. Ce sont les femmes qui sont le plus touchées : les trois quarts des cancers les concernent. Mais ce virus concerne aussi les hommes. Aujourd’hui, en France, la vaccination anti HPV est recommandée et remboursée aussi bien pour les jeunes filles que pour les jeunes garçons entre 11 et 14 ans, avec rattrapage jusqu’à l’âge de 19 à 26 ans.

Une forme extrême rare du papillomavirus

Emilie, 29 ans aujourd'hui, a bien été vaccinée contre le papillomavirus, lorsqu'elle était adolescente. Il y a maintenant 15 ans. Mais il existe en réalité plus de 200 formes du virus. Et le vaccin ne protège que contre les formes les plus courantes, celles où un cancer est le plus susceptible de se déclencher.

Emilie n'a pas eu cette chance. En novembre 2021, cette professeure des écoles effectue chez son gynécologue le frotti qu’elle a l’habitude de faire régulièrement. Contrairement aux examens précédents, les nouvelles sont mauvaises : des traces de papillomavirus sont détectées. Une situation exceptionnelle en raison d'une forme rare du virus.

"J'avais besoin d'être rassurée"

La jeune femme doit alors se plier à d’autres examens, dont une biopsie. Résultat : elle portait des cellules très cancéreuses, qui menaçaient de se réveiller dans les années à venir. La jeune femme subit alors une opération, appelée conisation. "On m’a retiré un bout du col de l’utérus", explique-t-elle.

Une opération rapide, en ambulatoire, mais qui laisse d’importants stigmates à la jeune femme : "Je suis tombé sur un médecin qui m’a traité avec un grand détachement." Emilie ne reçoit aucun soutien psychologique et aucune aide pour gérer sa douleur physique. "Je n’ai pas eu de rendez-vous juste avant l’opération, on ne m’a rien expliqué et on a pas répondu à mes questions. J’avais besoin d’être rassurée."

Pourtant, après une telle intervention, il est important que la patiente soit accompagnée. La cicatrisation est douloureuse, les hémorragies, pendant un mois, sont très abondantes. "J’ai été traumatisée physiquement, avoue Emilie, ça a été difficile ensuite dans l’intimité." Les séquelles sont réelles, et si elle peut toujours avoir des enfants, les risques de fausse-couche sont décuplés.

L'absence d'égalité entre homme et femme pour la vaccination

Malgré la découvre du papillomavirus chez Emilie, son conjoint Thomas, 30 ans, en revanche, n'a pas été vacciné. En 2019, la Haute autorité de Santé (HAS) constatait que "10 ans après les premières recommandations, la couverture vaccinale reste très insuffisante au regard des objectifs fixés par le Plan Cancer."  la vaccination contre les HPV ciblant les filles et les HSH pose des questions d’égalité d’accès à la vaccination vis-à-vis des autres hommes. Ces derniers peuvent être infectés par les HPV, il apparait donc juste de leur proposer le vaccin" concluait la HAS.

La vaccination des hommes contre le papillomavirus est désormais possible depuis 2021. Une mesure fondamentale, lorsqu'on sait qu'un tiers des hommes sont porteurs du papillomavirus, selon une étude publiée récemment  dans la revue The Lancet Global Health. Pourtant, la responsabilité de la contraction du virus repose encore trop sur les épaules des femmes, qui sont 37% à se faire vacciner contre 9% pour les hommes. 

À ce jour, Thomas ne sait toujours pas s'il est porteur du virus. "On a demandé s'il y avait une possibilité de faire des tests pour le savoir, mais on nous a répondu qu'il n'y avait rien à faire." Le couple est laissé dans le flou, et Thomas se sent impuissant. "Quelque part, c'est comme si la maladie était forcément portée par la femme et que l'homme n'avait rien à faire", regrette-t-il. Il déplore le manque d'information autour du virus : "Aux hommes de ma génération, personne n'a parlé de prévention ou de vaccin."

Passé l'adolescence et les premiers rapports sexuels, c'est avant tout la prévention gynécologique qui prime. Emilie ne cesse de le répeter autour d'elle. "Il faut que les femmes fassent leur frottis, chez leur médecin, c’est extrêmement important." 

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