A Toulouse, la catastrophe de Beyrouth rappelle les ballastières remplies de nitrocellulose près de la Garonne

C'est un dossier hautement polémique, qui se rappelle régulièrement au souvenir des Toulousains. Les ballastières, ces bassins situés en bord de Garonne, contiennent 5 000 tonnes de nitrocellulose, un explosif fabriqué durant la première guerre mondiale. Leur dépollution n'est pas à l'ordre du jour.
5 000 tonnes de poudre immergées dans quatre bassins, depuis la fin de la première guerre mondiale.
5 000 tonnes de poudre immergées dans quatre bassins, depuis la fin de la première guerre mondiale. © Michel Labonne/MaxPPP
Les explosions meurtrières de Beyrouth ont eu une résonnance très particulière à Toulouse. La catastrophe d'AZF, dans laquelle du nitrate d'ammonium déclassé a explosé, est encore dans toutes les mémoires. Mais un autre danger, présent celui-là, revient tout aussi régulièrement à l'esprit des habitants de la ville rose : il a pour nom les ballastières.

Ces bassins, au nombre de quatre, contiennent 5 000 tonnes de poudres : de la nitrocellulose, un puissant explosif fabriqué pendant la première guerre mondiale à Toulouse, et immergée depuis en bord de Garonne. La nitrocellulose ne doit jamais se trouver à l'air libre, sans quoi elle peut réagir. Or, avec le réchauffement climatique, l'immersion définitive peut-elle être garantie ?

Pas de quoi rassurer une ville encore traumatisée par l'explosion de l'usine AZF en 2001. La dépollution des ballastières est un dossier polémique : un temps promise, elle ne semble plus être à l'ordre du jour. Propriétaire du site, le ministère des armées affirme même qu'il est impossible de les dépolluer car la zone est désormais classée Natura 2000. Les espèces naturelles y sont protégées : pas question donc de tout bouleverser.

Mais pour beaucoup de Toulousains, cet argument en cache un autre, plus réaliste : le coût très important du  processus complexe de dépollution. 

La semaine dernière, la députée LREM de Toulouse Sandrine Mörch a interpellé la ministre des armées à ce sujet. "Depuis la fin de la première
guerre mondiale, 5.000 tonnes de nitrocellulose, poudre explosive, sont stockées au fond d'étangs, à proximité de l'oncopole et sur le tracé de Téléo, le futur téléphérique
", a-t-elle notamment déclaré sur les réseaux sociaux.
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