Toulouse : une famille alerte la justice sur le mariage forcé de sa fille mineure par un Imam

Une famille demande à la justice toulousaine de protéger sa fille de 15 ans. Après une fugue, elle a été "mariée" religieusement par un Imam. Placée dans un foyer et malgré un dépôt de plainte pour détournement de mineur, elle continue à voir son "mari".

La Haute-Garonne fait partie des quinze départements à expérimenter la cour criminelle départementale.
La Haute-Garonne fait partie des quinze départements à expérimenter la cour criminelle départementale. © FTV

Le 13 janvier dernier, une plainte a été déposée pour détournement de mineur et soustraction de l’autorité parentale. Mais, pour le moment, la fugueuse de 15 ans continue à voir le jeune homme de 19 ans avec qui elle affirme s’être "mariée".

Pour ses parents, il s’agit d’un "mariage religieux forcé et Salafiste". Ils ne comprennent pas pourquoi leur fille mineure ne fait pas l’objet de mesure de protection et d’un placement dans un foyer proche du domicile familial ou, du moins, loin de son prétendu "mari".

Une fugue organisée entre les Bouches-du-Rhône et Toulouse ?

La jeune fille s’est enfuie de son foyer dans la nuit du 1er janvier. "Le réveillon s’est bien passé. Nous nous sommes réveillés le lendemain à 10 heures du matin ce qui ne nous arrive jamais. Notre fille n’était plus là. La porte était ouverte et j’ai aussitôt prévenu la police" déclare Mohamed B.

Une source proche du dossier affirme que, vers 1 heure 30 du matin, la jeune fille a offert à boire à ses parents. Une enquête est en cours pour déterminer la nature de la boisson. Il pourrait s'agir d'un sédatif, expliquant le réveil tardif des parents. 2000 euros se seraient également volatilisés. Autant d’éléments qui pourraient accréditer la thèse d’une fugue organisée.

La découverte d’une relation avec un Toulousain

Après avoir alerté les services de police, Mohamed B veut comprendre. Il découvre alors que sa fille entretient, sur les réseaux sociaux, une relation avec un Toulousain âgé de 19 ans. Cette relation aurait débuté cinq mois avant la fugue c’est-à-dire en septembre dernier. Un avis de recherche est lancé. La police finit par "localiser" la jeune fille. Elle aurait pris le train pour effectuer le trajet jusqu’à Toulouse. Convoquée au commissariat de police, la jeune fugueuse finit par reprendre contact avec ses parents. Elle leur annonce son "mariage" religieux et qu’elle se trouve à plus de 300 kilomètres du domicile familial.

L’histoire aurait pu en rester là. Mais la jeune fille refuse de retrouver ses parents. Des parents qui disent d’ailleurs ne plus reconnaître leur enfant et parlent d'"un lavage de cerveau". La fugueuse est placée, par la justice, dans un foyer en région toulousaine. Cette solution ne choque pas ses parents. Mais, ils ne comprennent pas pourquoi le "mari" de leur fille peut librement venir la voir ou l’amener à son domicile dans le quartier du Mirail.

Pour Mohamed B, il existe une vraie urgence car sa fille parle ouvertement d’une grossesse.

Pas de garde de vue ou d’audition

Mohamed B a saisi le parquet de Toulouse. Maître Samia Maktouf ne cache pas son incompréhension. "Je ne comprends pas pourquoi pour des faits aussi graves, personne ne soit entendue et que ces personnes soient laissées en liberté alors qu’ils peuvent continuer à faire la même chose avec d’autres jeunes filles" déclare l’avocate.

Une source proche du dossier souligne qu’à 15 ans, il ne peut y avoir de consentement et que le fait de faire venir une mineure dans une ville pour qu’elle se marie est, pénalement, assimilable à une séquestration.

Contacté par France 3, le parquet de Toulouse précise qu’il s’exprimera plus tard sur les suites qu’il compte donner au dossier.

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