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Toulouse : des gilets jaunes interpellés avec des cailloux et des cocktails molotov condamnés à de la prison ferme

© AFP
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Plusieurs gilets jaunes jugés en comparution immédiate ce lundi à Toulouse ont été condamnés à des peines de prison ferme. Ils ont été arrêtés samedi 19 janvier dans la manifestation avec des cailloux, des cocktails molotov ou encore une matraque télescopique et un taser.

Par Juliette Meurin

La manifestation des gilets jaunes samedi 19 janvier à Toulouse a été l'une des plus importantes depuis le début du mouvement. Elle a notamment été marquée par le saccage de la banque populaire. De nombreuses interpellations ont eu lieu. Les premières comparutions immédiates se tenaient ce lundi 21 janvier au palais de justice de Toulouse.
 

Des cocktails Molotov ramassés par terre pour éviter que quelqu'un s'en serve 

Le premier manifestant qui comparaît ce lundi devant le tibunal correctionnel en début d'après midi répond aux questions du président de façon à peine audible. Un homme d'une trentaine d'années qui semble anéanti parce qu'il est en train de vivre. Il a dejà eu quelques condamnations dans le passé mais cela remonte à une dizaine d'années.
Jugé en comparution immédiate il a été arrêté lors de la dernière manifestation des gilets jaunes à Toulouse samedi 19 janvier. La police a trouvé sur lui des cocktails Molotov. Pour sa défense le prévenu explique qu'il a trouvé un sac par terre avec ces bouteilles remplies d'alcool, des engins incendiaires qu'il a gardés, dit -il, "pour éviter que quelqu'un ne s'en serve".
Il est condamné à 6 mois de prison ferme et interdiction de paraître sur la commune de Toulouse pendant un an à partir de sa libération.
 

"Des cailloux dans les poches pour montrer à mes enfants"

Le deuxième manifestant, lui, a 40 ans, il habite à Saint Cézert à une quarantaine de kilomètres au nord de Toulouse. Il a été interpellé avec trois cailloux dans ses poches. Un poids total de 500 grammes.
"Ce sont des projectiles qui ont été envoyés sur moi, je les avais ramassés pour montrer à mes enfants la dangerosité (de ces projectiles)", explique le prévenu.
Marié, deux enfants, intérimaire dans la maintenance industrielle, un casier judiciaire vierge, il est condamné à 2 mois de prison ferme.

Le suivant a 24 ans. Ce Toulousain est en CDI depuis un an, il est agent de fabrication, célibataire sans enfant. Lui aussi a été interpellé avec un caillou dans la poche. Lors de sa garde à vue, il avait indiqué avoir l'intention de se servir de cette pierre en cas de tir de flashball de la police. Mais ce lundi sa version n'est plus la même. Il aurait dit ce que les policiers voulaient entendre pour pouvoir être libéré plus rapidement. Aujourd'hui il affirme que c'est une amie qui lui a donné ce caillou. Il reconnaît que "ce n'est pas malin d'aller à une manif avec un caillou". "je n'ai jamais eu de probème avec la justice, je suis gentil, je suis honnête."
Le procureur rappelle que le manifestant a été interpellé alors qu'il sortait d'un groupe qui venait de caillasser la police. Il est condamné à deux mois de prison ferme. Il part sous escorte policière en insultant le tribunal.
 

Une matraque et un taser pour se protéger des agressions

Le quatrième homme à comparaître devant le tribunal correctionnel ce jour là ressemble encore à un enfant. Il habite à Briatexte dans le Tarn. Il a 25 ans. Il est interpellé vers 17 heures 15 ce samedi 19 janvier, la police avait trouvé dans son sac, une matraque télescopique et un taser. Ainsi que des cocktails Molotov. Il a également été photographié par l'hélicoptère de la gendarmerie en train de jeter des objets sur la police. Il reconnait avoir renvoyé un plot usagé de grenade lacrymogène et une canette. "Je m'excuse, passer la nuit en cellule m'a fait réfléchir, j'espère que je n'irai pas en prison pour une petite bêtise comme ça".
Pour le reste, la matraque et le taser c'était dit-il pour se défendre car il a été victime d'une agression il y a deux mois. Quant aux cocktails Molotov, c'est l'automobiliste qui l'avait pris en stop pour venir à Toulouse qui lui a demander de les garder.
Le procureur réclame deux ans de prison dont 1 an ferme. Il est condamné à 9 mois ferme.


A la date du 17 janvier et depuis le début du mouvement des gilets jaunes selon des chiffres fournis par la préfecture :

- 217 personnes placées en garde à vue
- 105 ont été déférées
- 33  ont été condamnées à des peines d'emprisonnement
- 133 ont reçu une décision de Justice (COPJ, CPPV, composition pénales..)
- 47 affaires ont été classées sans suite
- 46 interdictions de manifestations ont été prononcées

 

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