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A Toulouse, une journaliste prise pour cible par des manifestants Gilets jaunes

La journaliste couvrait la 9ème manifestation des gilets jaunes quand elle a été prise à partie. / © Pascal Pavani/AFP
La journaliste couvrait la 9ème manifestation des gilets jaunes quand elle a été prise à partie. / © Pascal Pavani/AFP

Samedi 12 janvier 2019, 9ème jour de manifestation des Gilets jaunes, une journaliste de la Dépêche du Midi a été agressée par des manifestants. Des menaces ont été proférées à son encontre.

Par Marie Martin

C'est une scène - hélas - de plus en plus courante, en marge des manifestations...

Samedi 12 janvier 2019, alors qu'elle "couvrait" le 9ème samedi de mobilisation des Gilets jaunes, une journaliste du quotidien la Dépêche du Midi a été violemment prise à partie par des manifestants.

Elle se trouvait seule dans sa voiture quand elle a été encerclée. Des menaces ont été proférées : "On va te sortir et te violer", comme le rapporte Lionel Laparade, rédacteur en chef adjoint du journal, dans un tweet.
La jeune femme a annoncé avoir porté plainte pour "dégradations volontaires", la voiture dans laquelle elle se trouvait et qui appartient au journal ayant été endommagée.

Lors de cette journée de manifestations, baptisée acte 9 par les Gilets jaunes, plusieurs équipes de journalistes ont été ainsi agressés, intimidés voire molestées. A Rouen, Paris, Marseille et Toulon notamment.

A Toulouse, trois journalistes avaient déjà été hués et poursuivis par des manifestants, le 24 novembre 2018. Ils avaient porté plainte le lendemain pour "violences aggravées" et "tentative d'agression en réunion".

Depuis, les journalistes sont régulièrement interpellés au cours des manifestations mais aussi sur les diverses actions de blocage des Gilets jaunes. Ce sont d'autres manifestants qui, bien souvent, sont contraints d'intervenir pour empêcher des individus d'entraver le travail de la presse.

Malgré cela, c'est désormais dans un contexte très tendu que les journalistes de terrain tentent de faire leur travail...

Agression de journalistes : Reporters sans frontières lance "un cri d'alarme"

Le secrétaire général de l'ONG Reporters sans frontières, Christophe Deloire, a lancé dimanche "un cri d'alarme" après les menaces et agressions contre plusieurs journalistes lors de manifestations samedi de "gilets jaunes".
"Incontestablement, hier, un cap a été franchi", s'est inquiété Christophe Deloire. "On est devant une situation qui est très grave, qui menace d'empirer", a-t-il ajouté.
"Il faut lancer un cri d'alarme aujourd'hui", a poursuivi le secrétaire général de RSF, demandant aux responsables politiques "qu'ils disent qu'ils réprouvent,
qu'ils condamnent
" ces actes, et que "ceux qui ont la parole au nom des gilets jaunes (...) s'en désolidarisent".
Tout en rendant hommage aux "gilets jaunes" "qui essayent de protéger" les journalistes pris à partie et en reconnaissant le droit de critiquer la ligne éditoriale d'un média, il a pointé du doigt d'autres manifestants qui "sont dans un chantage anti-démocratique inacceptable qui (...) consiste à dire "si vous ne couvrez pas les événements exactement comme on l'entend (...) alors on est en droit de vous molester, de vous tabassez et disons-le, de vous lyncher".
 

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