Toulouse : la justice suspend la décision de la fac de médecine pour la sélection des premières années

Le tribunal administratif de Toulouse vient d'ordonner la suspension de la décision du conseil d'administration de l'université Paul Sabatier concernant le nombre d'étudiants en première année de médecine accueillis. Ceux-ci s'estiment lésés par la réforme en cours.

Les étudiants de première année en fac de médecine essuient manifestement les plâtres d'une réforme compliquée et opaque.
Les étudiants de première année en fac de médecine essuient manifestement les plâtres d'une réforme compliquée et opaque. © France 3 Occitanie

Le tribunal administratif de Toulouse vient d'ordonner la suspension de la décision de l'université Paul Sabatier concernant les capacités d'accueil des étudiants de première année de médecine (PASS/LAS 2021). Ces étudiants avaient obtenu du Conseil d'Etat fin avril qu'il suspende la procédure d'admission en 1ère année de médecine au plan national.

A Toulouse, le tribunal administratif va dans le même sens en répondant favorablement à la requête de l'association PASS LAS de Toulouse, qui représente des étudiants et leurs familles. "On est très satisfait de cette décision qui met le doigt sur une inégalité flagrante. Mais tout n'est pas réglé", réagit la mère d'un étudiant qui a souhaité garder l'anonymat pour préserver les chances de son enfant de réussir explique-t-elle, tout comme les autres personnes sollicitées.

Improvisation et incapacité à communiquer

"Les élèves sont censés passer les oraux les 31 mai et 1er juin. L'ambiance est encore à l'improvisation et l'incapacité à communiquer car ils n'ont toujours pas reçu leurs convocations. Les examens ont lieu lundi et mardi", se désole-t-elle.

"Nous demandons au doyen et au président de l'université de prendre des décisions ultra-rapides car beaucoup de jeunes ont baissé les bras. D'autres sont partis à l'étranger. On en a perdu un nombre considérable !" explique encore cette mère de famille exaspérée.

Sauver ce qui peut l'être

Pour autant, le collectif affirme garder une approche constructive. "Si on arrive à négocier et à avoir des conditions de redoublement dignes, nous espérons rattraper certains d'entre eux mais ce n'est pas sûr car ils n'ont pas envie d'être confrontés à une telle désorganisation, un tel mépris. On les a dégoûtés".

De fait, la réforme mise en oeuvre à la rentrée 2020 a posé de nombreux problèmes. Ils ont été dénoncés par les étudiants en médecine sortant du bac qui la considèrent comme déloyale. Elle privilégie à leurs yeux les redoublants à leurs dépends. Les redoublants, dépendant de l'ancien système Paces, ont en effet plus de places réservées que ceux qui viennent d'obtenir le bac et d'entrer via les filières Pass (Parcours Accès Spécifique Santé) et LAS (Licence avec Accès Santé). 

Impossibilité de redoubler

Précisons que depuis la réforme, l’accès aux études des filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kiné) peut se faire via deux parcours : le Pass (environ 60% du numerus apertus) et les LAS (environ 40% du numerus apertus). Le numerus apertus remplace le numérus clausus. Il est établi par les ARS (agences régionales de santé) en coordination avec les facultés en fonction des besoins en médecins des différents territoires.

Les places sont rares pour les étudiants qui ont eu leur bac en 2020, qui plus est, ils n'auront pas le droit de redoubler. Avant la réforme, ils pouvaient redoubler la Paces pour se présenter aux concours une 2ème fois, voire une 3ème pour certains.

Cette année, il est impossible pour l'étudiant de redoubler s'il ne passe pas en deuxième année de médecine. Il existe une deuxième chance en passant à la fin de leur première année de Pass directement en deuxième année de LAS, mais ces étudiants voient leur pourcentage de réussite au concours de médecine passer de 70% à 30%.

L'objectif du gouvernement d'augmenter de 20% le nombre de médecins et d'accueillir des profils plus variés est mis en échec. C'est ce que dénoncent les étudiants de première année et qu'ils ont réussi à faire entendre au Conseil d'Etat et désormais au tribunal administratif.

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