Toulouse : le CNES et l'incubateur Nubbo recherchent cinq start-ups pour préparer l'arrivée de l'Homme sur la Lune

Pour se préparer aux premières missions humaines sur la Lune, le CNES et l’accélérateur de start-up, Nubbo, ont signé un partenariat pour lancer le programme TechTheMoon : le premier incubateur mondial dédié exclusivement à l’économie lunaire. L'appel à candidatures est ouvert.

Le 31 juillet 1971, Apollo 15 débarquait sur la Lune avec à son bord les astronautes Jim Irwin et David Scott ainsi que LRV (Lunar Roving Vehicle), le premier véhicule tout-terrain à rouler sur un autre corps céleste que la Terre.
Le 31 juillet 1971, Apollo 15 débarquait sur la Lune avec à son bord les astronautes Jim Irwin et David Scott ainsi que LRV (Lunar Roving Vehicle), le premier véhicule tout-terrain à rouler sur un autre corps céleste que la Terre. © NASA/1971

La course à la Lune bat son plein. En 2024, les premiers explorateurs se poseront sur notre satellite naturel et s’y installeront durablement, en autonomie, dès 2030.
Pour s’y préparer, Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES, et Guillaume Costecalde, président de Nubbo, ont signé un partenariat pour lancer TechTheMoon. Ce programme vise à accompagner cinq start-up dans le développement de technologies indispensables pour créer des conditions de vie humaine sur la Lune.

« Nous sélectionnerons les start-up qui nous paraissent les plus prometteuses. Le CNES leur apportera des aides techniques et le soutien de ses experts. Nubbo leur donnera 50.000 euros et soutiendra leur développement pendant un an », explique Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES.

Nubbo est une société toulousaine, accélératrice de start-up depuis plus de vingt ans. Elle travaille dans tous les domaines technologiques et tous les secteurs d’activité. « Nubbo a été cofondé par la Région et le ministère de la Recherche. On a un ADN très technologique. Ce partenariat avec le CNES correspond à notre positionnement et notre savoir-faire historique », affirme Anne-Laure Charbonnier, directrice de Nubbo.

Objectif : faire émerger un écosystème complet

Le programme TechTheMoon s’inscrit dans un plan plus large créé par le CNES : le MoonShot Institute. L’objectif : fédérer un nombre d’initiatives et de partenariats afin de pouvoir créer sur la Lune un écosystème qui permettrait à l'Homme d’y vivre de façon durable et autonome.

L’exploration humaine, c’est faire vivre et travailler des femmes et des hommes dans un environnement particulier. Ça nécessite un suivi médical, un support vie au sens large avec la fourniture d’oxygène et la purification de l’eau par exemple.

Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES

TechTheMoon est la brique recherche et développement de ce projet, dédiée aux start-up. Ce programme intensif d’incubation de douze mois va accompagner pour sa première année de fonctionnement 5 startups ou projets de startups, de l’idée au prototype pour la Lune, jusqu’à la levée de fonds et le lancement commercial de leur solution en réponse à un premier besoin de marché terrestre.
Ces start-up ont pour mission d’amener des idées de technologies afin de développer ces technologies. Construire des habitats, réfléchir à création de rover pour se déplacer sur place, imaginer des systèmes de télécommunication entre la Terre et la Lune... "C’est extrêmement vaste. Concrétement, il faut réussir à recréer une grande partie de ce qu’il nous faut au sol pour vivre et travailler dans de bonnes conditions", explique Lionel Suchet. 

Le directeur général délégué du CNES précise également l'intérêt d'utiliser au maximum les ressources présentes sur la Lune, plutôt que d'y importer des éléments terrestres : "Tout ce qu’on veut y amener coûte extrêmement cher. Pour apporter des choses sur l'ISS qui ne se trouve qu'à seulement 400 km de nous, il faut compter plusieurs dizaines de milliers d'euros le kilo. Pour la Lune, c'est encore plus cher".

Le programme TechTheMoon servira "d'apprentissage" pour un projet d'exploration plus grand encore : la conquête de Mars. 

Il faut trois jours pour aller sur la Lune, c’est 3 jours et trois jours pour revenir. Pour aller sur Mars, c’est minimum cinq mois de voyage. C'est encore plus difficile de revenir car cela dépend de la position des planètes. Ce sera une étape plus difficile. L'exploration de la Lune nous permettra d'appréhender et d'apprendre. Ce sera un test et un lieu d’apprentissage pour l’étape suivante.

Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES

Une vingtaine d'experts à disposition des futurs entrepreneurs

24 "experts de haut niveau" seront à la disposition des entrepreneurs. Parmi eux, Ariel Fuchs, chargé de mission de stratégie maritime au CNES.

A travers TechTheMoon, on peut s’imposer sur le terrain lunaire et ne pas rater l'opportunité d'envoyer des astronautes européens et français sur la Lune. C’est une aventure collective, il ne faut pas la rater.

Ariel Fuchs, chargé de mission stratégie maritime au CNES

Les start-up seront jugées sur la pertinence de leur projet, qui devra pouvoir être commercialisé pour la première fois sous douze mois. "Il faut que ces projets soient intéressants à la fois pour la Lune mais aussi pour la Terre. Leur business model doit permettre de lancer une société à court terme pour pouvoir financer les prochaines étapes jusqu'à la concrétisation sur la Lune", rapporte Lionel Suchet.

Les start-up ont jusqu’au 18 juillet pour déposer leurs candidatures.

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