Toulouse : le cri d'alarme d'une infirmière traitée de "nazie" sur les murs de son cabinet médical

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Dans la nuit de lundi à mardi, un cabinet médical près de Toulouse a été tagué. Insultes et références aux dirigeants nazis pour avoir vacciné contre le Covid-19. Une plainte va être déposée. Une infirmière a lancé un cri d'alarme dans une lettre.

Dans la nuit de lundi à mardi, une ou plusieurs personnes ont tagué un cabinet d'infirmiers libéraux dans la banlieue de Toulouse. Sur ces tags, on peut y lire "Ni pardon, ni oubli, ni excuse" ou encore "Le vaccin tue, no étique, no déontologie  Nurenberg" . Ecrit exactement comme ça.

"Je suis écœurée"

Les insultes visent un cabinet d'infirmiers, contre ceux qui pratiquent la vaccination contre le Covid-19.

 

"L'une des infirmières libérales a été choquée. Tout comme les autres professionnels de santé de ce cabinet médical. C'est une injustice crasse", nous explique le médecin toulousain et romancier Baptiste Beaulieu. 

Pour cette infirmière, la comparaison avec les dirigeants de l'Allemagne nazie a été trop loin, elle a adressé une lettre qui a été relayée sur France Inter le 26 janvier pour exprimer son ressenti  : 

Je suis infirmière à domicile près de Toulouse, voilà mon cabinet aujourd’hui. Je suis écœurée et dégoutée. J’en ai assez de subir ça depuis deux ans, à la première vague on nous insultait la nuit sur notre répondeur en nous disant que c’était nous qui tuons les gens en trimballant le virus. Aujourd’hui on nous traite de nazi.

Infirmière toulousaine

"On veut travailler sans être traité de nazi"

Elle explique alors qu'elle soigne depuis 23 ans, sans jugement, sans discrimination. "Je soigne tout le monde quels que soient les origines, leur religion ou leur couleur de peau, leur âge. J’aime profondément les gens, mais là je n’en peux plus. Alors s’il te plait dis leur qu’un jour ils n’auront plus de médecins du tout, comme toi ou d’infirmière comme moi, parce que je pense aller vendre des carottes sur leur marché ou n’importe quoi d’autre, parce que ce n'est pas possible des trucs pareils" , poursuit-elle dans sa lettre. 

Nous on veut juste travailler sans être traité de nazi, tu ne peux pas savoir comment cela me fait mal et peur de vivre dans un monde comme ça. Nous avons décidé d'aller porter plainte. Sois prudent.

Infirmière toulousaine

Une plainte va être déposée

Le médecin toulousain qui a relayé cette lettre et joint par téléphone se dit lui aussi très choqué par de tels actes. " Non seulement les métiers de la santé sont des métiers difficiles avec peu de reconnaissance, si en plus on est comparé à des dirigeants nazis, c'est une injustice au carré. On nous marche sur la tête !", explique le docteur Baptiste Beaulieu. 

Moi je fais confiance à mon boulanger pour me faire du bon pain, à mon cordonnier pour réparer mes chaussures, donc on doit faire confiance aux scientifiques pour la Science. Chacun a son domaine d'expertise et de compétences. Ce qui me choque c'est qu'on utilise une crise sanitaire pour faire circuler des idées d'extrême droite. Certaines personnes instrumentalisent la peur des gens pour leur agenda politique.

Dr Baptiste Beaulieu, médecin et romancier

Cette infirmière et ces collègues professionnels de santé ont donc décidé d'aller porter plainte dans une gendarmerie près de Toulouse. Par souci de sécurité, ils préfèrent garder l'anonymat.