Toulouse : les conditions d'accueil dans les centres de rétention se dégradent selon le rapport annuel de la Cimade

La Cimade et plusieurs associations viennent de publier leur rapport annuel sur les conditions d'hébergement dans les centres de rétention en France. Avec la crise sanitaire, elles se sont nettement dégradées. Le centre de Cornebarrieu, près de Toulouse, ne fait pas exception à la règle.
La Cimade et plusieurs associations ont publié, ce mardi, le rapport annuel des conditions de rétention en France qui se sont dégradées. Le centre de rétention de Cornebarrieu, près de Toulouse n'échappe à la règle. Archives.
La Cimade et plusieurs associations ont publié, ce mardi, le rapport annuel des conditions de rétention en France qui se sont dégradées. Le centre de rétention de Cornebarrieu, près de Toulouse n'échappe à la règle. Archives. © Fabien Cottereau/MaxPPP.

Plusieurs associations dont la Cimade ont rendu, ce mardi, leur rapport annuel sur les conditions d'accueil dans les centres de rétention en France en 2020. Avec la crise sanitaire, elles se sont nettement dégradées : "le recours au placement en centre de rétention administrative a été marqué par la volonté du gouvernement de poursuivre la politique d’éloignement." indiquent les militants des associations de défense des réfugiés dans leur rapport.

Des conditions qui ont accentué les troubles psychiatriques de certains détenus : "dans ce contexte présentant un risque élevé de contamination, des personnes atteintes de pathologies pouvant conduire à des formes graves de Covid-19 ont tout de même été enfermées. D’autres, atteintes de troubles psychiatriques, ont connu le même sort alors que la rétention était encore plus anxiogène qu’à l’accoutumée. Des passages à l’acte, telles que des automutilations ou des tentatives de suicide, se sont multipliées.".

Des conditions de rétention dégradées au centre de Cornebarrieu

A l'image des autres centres de rétention français, l'établissement toulousain a, lui aussi, connu des difficultés pendant la crise sanitaire. Dans son rapport, la Cimade dénonce l'absence de mesures sanitaires pendant les trois premiers mois de l'année : "les personnes enfermées n’avaient accès ni à des masques en nombre suffisant, ni à du gel hydroalcoolique. Elles continuaient d’être placées dans des chambres doubles et de prendre leurs repas de manière collective. Ce n’est qu’au mois de mai qu’un véritable protocole sanitaire a été mis en place, mais celui-ci a créé des problèmes d’accès au droit, et ne garantit pas la sécurité sanitaire." 

De très nombreuses personnes nous ont fait part de l’angoisse générée par l’enfermement auquel s’ajoutait la crainte d’être contaminé par le virus, provoquant de nombreux actes désespérés. Une personne a passé 5 jours en isolement disciplinaire après une tentative de suicide médicamenteuse. Une autre a essayé de se pendre avec ses lacets.

La Cimade et d'autres associations dans leur rapport annuel.

Une situation qui a dégradé les conditions d'hygiène dans le centre : "le niveau d’hygiène en temps de pandémie est globalement insuffisant, notamment dans les chambres. Les femmes sont placées ensemble qu’elles aient un test négatif ou qu’elles soient en attente du résultat. Au moins 8 personnes ont été testées positives à la Covid-19, avant d’être libérées sans aucun suivi."

Peu d'expulsions en 2020

939 personnes ont été enfermées au centre de rétention de Toulouse-Cornebarrieu en 2020. Parmi elles, 87% étaient des hommes et 10,5% des femmes. Depuis ce centre, la plupart d'entre elles ont été libérées. 109 personnes ont, en effet, été expulsées hors de l’Union européenne. La durée moyenne de rétention était d'environ 9 jours. 38% des rétentions comptabilisées en 2020 ne dépassent pas les 48 heures.

L'impossibilité de réaliser les expulsions a augmenté les tensions et les frustrations : "les personnes se sont retrouvées encore plus isolées. Ainsi, de nombreuses personnes enfermées en rétention par des préfectures éloignées se sont retrouvées loin de leurs familles, dans l’impossibilité de recevoir des visites ou de se faire amener des affaires", déplore les associations. 

Les associations de défense des réfugiés dénoncent également "l'usage généralisé et abusif des audiences en visioconférence.". "Les conditions matérielles de ces audiences étaient déplorables, matériel inadapté, son quasi-inaudible par moment et donc des difficultés de compréhension pour les personnes placées.".

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