Toulouse : manifestation des salariés d'Air France contre le projet de fermeture des bases de province dont Blagnac

Près de 150 salariés d'Air France se sont réunis à l'aéroport de Toulouse contre le projet de la direction de fermeture des bases de province, dont celle de Blagnac.

Des salariés d'Air France ont manifesté à l'aéroport de Blagnac le dimanche 9 mai 2021. "Air France sacrifie le Capitole pour la capitale", indique l'une de leurs pancartes.
Des salariés d'Air France ont manifesté à l'aéroport de Blagnac le dimanche 9 mai 2021. "Air France sacrifie le Capitole pour la capitale", indique l'une de leurs pancartes. © Sylvain Duchampt / FTV

Air France est dans une logique de "lowcostisation". C'est ce que pense Stéphane Pasqualini, chef de cabine et syndiqué France Ouvrière. Entre 2011 et 2012, la compagnie aérienne créer trois bases : à Marseille, à Nice et à Toulouse. Des salariés s'installent alors en province. Au total, 360 personnels navigants sur les trois bases, dont 117 à Toulouse. Depuis, chacun a créé ses attaches, rapportent les manifestants. A Blagnac, près de 150 salariés d'Air France se sont rassemblés dimanche 9 mai 2021 contre le projet de fermeture de ces trois bases. Ils ont aussi applaudi les passagers du vol Paris/Toulouse de 14 heures, "pour leur dire au revoir".

"Air France prépare un lendemain sans nous"

Les salariés apprennent la fermeture des trois bases "de manière informelle, le 1er février" indique à l'AFP Stéphane Pasqualini. Pour le chef de cabine, cette décision de la direction n'est qu'en partie lié à la crise du Covid. Air France serait surtout en train de tout miser sur le low-cost en développant encore et encore sa compagnie Transavia, où les salaires sont moins élevés. "En installant des gens en province, l'entreprise n'avait plus à payer les frais d'hôtel ni de transport. C'était donc à la base une stratégie pour concurrencer les low-cost qui, elles, ont bien compris l'intérêt de se baser en province", explique ce syndiqué FO à l'AFP, à qui la direction d'Air France avait confirmé en mars qu'elle étudiait "la fermeture de ses bases de province pour ses personnels navigants dans le cadre de la restructuration de son réseau domestique".

Pour nous, c'est une manière détournée de nous faire quitter le train en marche (...) Ce qui nous choque, c'est qu'Air France est aidée par le gouvernement avec des aides comme l'APLD, or on s'aperçoit que la compagnie prépare un lendemain, mais sans nous.

Stéphane Pasqualini, chef de cabine chez Air France, syndiqué FO

"Dans Air France il y a France, ce n'est pas Air Paris" constate le chef de cabine qui s'est exprimé au micro de Sylain Duchampt et Thierry Villeger : 

Stéphane Pasqualini, chef de cabine, explique les raisons de cette manifestation.

A l'ouverture de la base, j'ai acheté une maison avec mon compagnon et aujourd'hui on vit dans cette crainte permanente de devoir quitter la région toulousaine parce que les trajets avec Paris sont complexes à gérer et auront un coût financier important.

Stéphane Pasqualini à l'AFP

Plus de 7,1 milliards d'euros de perte pour le groupe Air France-KLM

En 2020, la pandémie fait perdre 7,1 milliards d'euros au groupe Air France-KLM. Son chiffre d'affaire s'effondre de 59% par rapport à 2019. Jeudi 6 mai 2021, la compagnie aérienne annonce avoir subi une nouvelle perte nette de 1,5 milliard d'euros au premier trimestre 2021.  "Les effectifs ont fondu de plus de 10% dans l'année avec 5.000 départs chez KLM et 3.600 chez Air France" précise l'AFP. A Marseille, une manifestation du même ordre a eu lieu le 28 mars 2021, 80 salariés étaient présents. Un rassemblement soutenu par Renaud Muselie et Christian Estrosi, président et président délégué de la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur; qui ont interpellé la direction d'Air France.

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