Toulouse : après sa fugue, le dangereux déséquilibré a été ramené dans son unité psychiatrique

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Un homme déséquilibré considéré comme "très dangereux" s'est enfui ce jeudi 27 janvier d'une unité psychiatrique du CHU de Purpan. Bien connu de la justice, il a été interpellé dans le quartier des Carmes de Toulouse cet après-midi. En 2017, il avait foncé en voiture sur des étudiants à Blagnac.

C'est ce que l'on appelle une loi des séries. Après la fugue du "cannibale des Pyrénées" mercredi 19 janvier qui a fait grand bruit, un homme déséquilibré considéré comme "très dangereux"  était encore une fois recherché par les forces de l'ordre à Toulouse ce jeudi 27 janvier.

Cet individu, déclaré pénalement irresponsable de ces actes en juillet 2018, avait disparu ce jeudi matin d'une unité psychiatrique de l'hôpital Purpan de Toulouse.

Il a déclenché l'alarme à incendie pour s'échapper

Hospitalisé depuis 2019 au sein d'une unité d'hospitalisation psychiatrique sécurisée, ce patient, médicalement stabilisé et bénéficiant d'un protocole de soins et d'accompagnement personnalisé, a fugué vers 9h ce matin.

Le patient a volontairement déclenché l'alarme de sécurité à incendie pour s'enfuir. Très vite, sa fugue a été signalée aux équipes soignantes et aux forces de l'ordre.

Toutes les patrouilles de Toulouse ont été mises en alerte. Il a finalement été interpellé à 15h45, dans le calme, par deux équipes de la BAC devant une banque du quartier des Carmes où il comptait retirer de l'argent.  

L'homme avait renversé des étudiants à Blagnac en 2017

Un important dispositif policier a été mobilisé car cet homme âgé de 32 ans est considéré comme très dangereux. Il est très défavorablement connu de la justice pour de nombreux délits et crimes violents. 

Il a même fait la Une de l'actualité en 2017. Le 10 novembre 2017 il avait foncé délibérément avec sa voiture sur des étudiants à Blagnac et en avait renversé 3 d'entre eux les blessant grièvement.

Mis en examen et placé en détention pour "tentative d'assassinat", cet individu souffrant de troubles mentaux sévères avait alors été déclaré pénalement irresponsable de ces actes en juillet 2018. Il avait notamment "entendu des voix lui intimant de faire du mal à quelqu'un". 

Une abolition du discernement

Diagnostiqué psychotique avec une schizophrénie paranoïde et considéré comme violent, incurable et dangereux, l'abolition du discernement avait été prononcée par le psychiatre.

Ce jeudi, les forces de l'ordre l'ont très vite intercepté pour l'interpeller.

Ces interventions des forces de police se sont répétées ces derniers jours pour rechercher des patients au profil psychiatrique inquiétant. 

Plusieurs fugues à l'hôpital Marchant

" Il n'y a pas eu deux fugues à l'hôpital Marchant en quelques jours comme la presse le mentionne, mais quatre ! explique un représentant du syndicat FO de l'hôpital Marchant. 3 d'entre elles étaient pour des profils dangereux et ont nécessité l'intervention de la police. Depuis plus de deux ans, notre syndicat alerte sur les prises en charge de ces patients dangereux. Cela pose quand même la question de la manière dont on pense la dangerosité des patients au sein de l'hôpital et ne pas attendre des passages à l'acte "

Demain vendredi se tiendra d'ailleurs un CHSCT extraordinaire à l'hôpital Marchant suite à la fugue de Jérémy Rimbaud le 19 janvier qui a agressé une septuagénaire à Toulouse. 

Une mission d'inspection de l'ARS

Celui qu'on surnomme le cannibale des Pyrénées avait en effet profité de ses quelques heures de liberté pour agresser violemment une personne âgée en plein centre-ville de Toulouse, avant d’être interpellé.

Cet ancien militaire avait été déclaré pénalement irresponsable après des actes de cannibalisme sur un nonagénaire, en 2013 dans les Hautes-Pyrénées.

Ce dimanche 23 janvier, un patient de ce même hôpital Marchant, était retrouvé par la police route de Seysses plusieurs heures après sa disparition. Selon des termes médicaux cet homme "stabilisé" ne présentait pas de danger. 

A la suite de ces deux affaires médiatisées, la direction générale de l’ARS a  diligenté « une mission d’inspection sur site pour s’assurer de la conformité de la prise en charge de ces patients ».

L'homme disparu de l'hôpital Purpan, retrouvé ce jeudi, a réintégré l'unité fermée de l'hôpital psychiatrique de Purpan.