Toulouse : la présence de nanoparticules autant liée aux aménagements routiers qu'à l'intensité du trafic

Les fortes concentrations de nanoparticules sont liées aux pics de circulation, comme ici sur la rocade de Toulouse, mais pas seulement ... / © PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI
Les fortes concentrations de nanoparticules sont liées aux pics de circulation, comme ici sur la rocade de Toulouse, mais pas seulement ... / © PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

On pensait connaître l'originie des nanoparticules. Elle est fortement liée au trafic routier. Ce que l'on imaginait pas, c'est que leur présence est tout autant liée aux aménagements routiers. De fortes concentrations ont été relevées près des deux de signalisation et sur les croisements.

Par Sylvain Duchampt

Principalement issues du trafic routier, les nanoparticules sont émises par la combustion du carburant, l'abrasion des freins, l'embrayage et l'usure des pneus. Mais une fois émises, que deviennent-elles ? 

Pour répondre à cette question un projet de recherche participative NanoEnvi a été lancé en avril 2018. Un projet scientifique qui a fait intervenir des habitants de Toulouse et des chercheurs en magnétisme de l'environnement, en sociologie et en physique. 

Il est mené par Mélina Macouin, chercheuse au CNRS, au laboratoire géosciences environnement de Toulouse.

Nanoparticule ?

Les nanoparticules, également appelées particules ultrafines, sont des molécules dont la taille varie entre 1 et 100 nanomètres (1nm = 0.000000001 m). Elles sont donc plus grandes que des atomes et plus petits qu'une cellule. ON distingue les nanoparticules "élaborées", fabriquées artificiellement, et "émissions secondaires", sous-produits d'une réaction, comme les particules présentes dans la fumée de cigarette ou les émissions de diesel. 
 

Des capteurs faits à partir d'écorce

Le projet NanoEnvi est basé sur les techniques de magnétisme environnemental pour la détection de petites particules magnétiques présentes dans l'air. Ceci permet de suivre le cortège de particules émises par le trafic.
 

Le projet utilise des biocapteurs passifs composés d'écorces de platanes. 180 capteurs ont été mis en place à l'intérieur et sur les façades de 90 logements à Toulouse pour une durée de 6 mois à 1 an. 

Bertrand est l'une des personne ayant participé à l'expérimentation :

Après avoir candidaté pour participer à ce projet, nous avons reçu deux capteurs. Des petits morceaux d'écorce reliés entre eux par du fil. Nous en avons accroché un dans le bureau à l'intérieur de la maison et un à l'extérieur sur la rambarde du balcon. A l'oeil nu, nous n'avons vu aucun changement après plusieurs mois d'exposition. Mais l'analyse des capteurs a permis de découvrir un taux de nanoparticules supérieur à la moyenne à l'intérieur, certainement dû à la présence de l'imprimante. A l'extérieur, nous sommes plutôt en dessous de la moyenne car notre balcon est protégé par des arbres. Les taux varient énormément en fonction des endroits où  on les place.

Les premiers résultats montrent que les principaux facteurs d'exposition sont liés aux aménagements de l'espace urbain. En clair, cela veut dire que les feux de circulation, les croisements et la forme des rues ont un rôle certainement aussi important que celui de l'intensité du trafic.

On savait que les fortes concentrations de nanoparticules étaient liées aux pics de circulation. Mais on n'imaginait pas à quel point notre façon de circuler entrait également en ligne de compte.

Mieux connaître les nanoparticules pour s'en prémunir

En France, les émissions de gaz et de particules fines émises par le trafic routier seraient à l'origine de 48.000 décès par an. 
Difficiles à détecter en raison de leur taille, les particules atmosphériques très fines sont susceptibles d'avoir le plus d'impact sur notre santé. Face aux alertes pollutions récurrentes, mieux connaître ole devenir de ces nanoparticules est donc primordial. 

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