Toulouse : Une "opération de reboisement" menée dans le quartier de Paléficat pour dénoncer un projet de construction

Sur une parcelle du quartier de Paléficat ce samedi 18 mars, le collectif citoyen "Le bocage autrement" et des habitants du quartier ont planté 200 arbres afin de protester contre un futur projet de construction de logements..

 Planter des arbres pour éviter que des immeubles ne sortent de terre. C’est l’action qu’a menée le collectif citoyen "Le bocage autrement", avec des habitants du quartier et des sympathisants ce samedi 18 mars. Au total, 70 personnes se sont réunies dans le quartier Paléficat-Rives de l’Hers pour une "grande opération de reboisement" d’une parcelle.

Le but : montrer leur opposition au projet de construction de près "7 000 logements" selon le collectif, porté par Toulouse Métropole sur ces terres agricoles. "Cela consiste à artificialiser une zone qui est aujourd’hui très naturelle. Il y a des prairies, des prés, des forêts, les berges de l’Hers pas loin. Aujourd’hui, c’est un parc de nature, et il est appelé à être intégralement bétonné " dénonce Hervé Le Floch, porte-parole du collectif « Le bocage autrement ».

Plantation de 200 arbres

Au total, 200 arbres ont été plantés sur une parcelle du quartier en bordure du Boulevard Urbain Nord. "Ce dont on rêvait c’était de prendre au mot l’aménageur, qui a baptisé ce projet « bocage habité, explique Hervé Le Floch. En fait, le bocage, c’est un mode d’exploitation des sols en agriculture raisonnée, en éco-agriculture, qui combine les arbres et l’agriculture. Donc on a voulu créer un vrai bocage, dans lequel il y a des rangées d’arbres espacés."

Dans cette optique, les militants ont choisi des arbres "de natures différentes". "Il y a des arbres de types feuillus, chênes, érables. Il y a aussi des arbres fruitiers, pour faire écho à la vocation maraîchère du quartier de Paléficat. Il y a des figuiers, des framboisiers" décrit Hervé Le Floch. Tous "sont organisés selon leur origine" et "offerts aux promeneurs qui pourront améliorer leur connaissance des végétaux." L’opération, "protestation pacifique, symbolique et écologique" selon le collectif, a duré deux heures environ.

Un quartier respectueux de l'environnement selon la Métropole

 "Le projet de Toulouse Métropole nous semble totalement archaïque et dépassé au regard de toutes les problématiques actuelles de crise climatique" dénonce Hervé Le Floch. Pour le collectif, l’urbanisation doit prendre une autre voie que celle de la construction, notamment "la rénovation du tissu urbain existant." "L’urbanisation ne consiste surtout pas à faire enfler une métropole de manière démesurée sous prétexte d’accueillir plus d’habitants" martèle le porte-parole du collectif.

De son côté, la métropole de Toulouse l’affirme : construire de nouveaux logements est une nécessité. "Rénover des bâtiments existants, je veux bien, mais il n’y a rien à Paléficat !" s’exclame Annette Laigneau, vice-présidente de la Métropole de Toulouse chargée de l’urbanisme.  "Nous avons sur la métropole toulousaine 42 000 demandes de logements sociaux en instance, non attribués. Il y a un besoin de logements sur la métropole que personne ne peut nier. On constate depuis une dizaine d’années qu’il y a 9 000 habitants de plus tous les ans dans la Métropole", ajoute-t-elle.

D’autant plus que Paléficat bénéficie d’une situation géographique favorable. "Ceux qui sont le plus loin de la station de métro sont à 800 mètres de Borderouge. Nous sommes disons à un quart-d’heure de la place du Capitole."

Quid des espaces verts ? "Un grand parc est prévu, un espace de pleine nature, toutes les berges de l’Hers sont préservées bien évidemment " assure la Métropole, qui insiste aussi sur le fait que "le projet prévoit de maintenir et préserver de la pleine terre." Autre argument : "le bureau d’études choisi privilégie la construction durable, avec des réutilisations de matériaux."

Sur son site internet, la société d’économie mixte d’aménagement du territoire de Toulouse Métropole indique que " le futur écoquartier de Paléficat renforcera les composantes patrimoniales, paysagères et écologiques du secteur."

Pas de quoi convaincre "Le bocage autrement". "Il y a un réel futur possible pour ce quartier, souffle Hervé Le Floch. Nous espérons que cette action va permettre de faire prendre conscience qu’autre chose que l’urbanisation à outrance est possible."