Trois hommes jugés devant les assises de Toulouse sont accusés du meurtre d'un uruguayen au passé sulfureux

Le procès se tient derrière ces portes, à la cour d'assises de Haute-Garonne, à Toulouse / © Olivier Denoun / France 3 Midi-Pyrénées
Le procès se tient derrière ces portes, à la cour d'assises de Haute-Garonne, à Toulouse / © Olivier Denoun / France 3 Midi-Pyrénées

Il y a 6 ans, Carlos Dolora, uruguayen, est repêché dans le Canal du Midi après plusieurs jours de disparition. Les enquêteurs français associés à la police judiciaire de Catalogne, en Espagne, remontent la piste. Ses trois "ex-associés" sont jugés à Toulouse jusqu'au 14 juin. Deux sont présents.

Par Pascale Conte

Ce matin, à l'ouverture de leur procès, deux des trois accusés étaient présents dans la salle. Le troisième est en fuite. Ils sont jugés pour "tentative d'extorsion avec violences ayant entraîné la mort". Arrêtés en Espagne en 2009, ils sont accusés d'avoir monté une expédition punitive contre Carlos Dolara, ce riche uruguyain de 57 ans dont le corps a été retrouvé dans le Canal du Midi en 2007, pas très loin de sa maison toulousaine où un coffre fort a disparu, ainsi que sa voiture et ses deux chiens. 

Le 22 mars 2007, trois semaines après que sa femme est signalée sa disparition puisqu'il ne répondait plus au téléphone, Carlos Dolora est retrouvé flottant dans le Canal du Midi, non loin du Pont des Demoiselles. Le médecin légiste constate des traces de violences portés derrière sa tête. A partir de là, débute l'ouverture d'une enquête. La police judiciaire découvre que cet homme de la cinquantaine, né en Uruguay, a un passé plutôt trouble et un parcours de "grand voyageur". Il a vécu en Colombie, en Espagne, au Canada puis s'était posé dans un quartier aisé de Toulouse, dans une villa résidentielle du quartier du Busca. Le canal est sondé à nouveau en juillet 2007, à la demande du juge, et les plongeurs y découvrent le coffre-fort de la victime. 

Les années précédents son installation dans la ville rose, Carlos Dolora tenait un hôtel de passes à Vielha, à la frontière espagnole, dans le Val d'Aran. Les investigations des enquêteurs ont mené jusqu'à ce "club" comme on l'appelait de l'autre côté des Pyrénées. Malgré qu'il soit autorisé, il avait d'ailleurs provoqué pas mal de complications avec les autorités locales, dont un soupçon de trafic de cocaïne, et, après 4 ans de fonctionnement, Carlos Dolora avait fini par vendre cet hôtel et récolter au passage une belle somme d'argent.

A la découverte du corps de Carlos Dolora, les portables des trois suspects, ses "ex-associés" à l'hôtel, sont repérés dans le secteur de la villa du Busca. Les enquêteurs français associés à la police judiciaire de Catalogne, en Espagne, se mettent sur la piste de ces hommes. Après plus de deux ans d'enquête, quatre individus sont interpellés en Espagne, dans le Val d'Aran et au Pays Basque. Trois suspects sont retenus et l'un est relâché. Sous mandat d'arrêt européen, ils sont ensuite extradés à Toulouse et deux sont incarcérés. Le troisième suspect qui était sous contrôle judiciaire est en fuite. Il accuse les deux autres acolytes qui, eux, nient les faits.

Les trois meurtriers présumés étaient apparemment d'anciens associés, employés de Carlos Dolora, dit "le patron du club". L'un "ex-associé" officieux, l'autre portier. Après la vente de l'hôtel, une "affaire" qui marchait bien, des sommes en argent liquide circulait chez Carlos Dolora et une histoire de gros sous les aurait opposés à l'"ex-patron" qui aurait oublié de partager les bénéfices ? Le verdict devrait tomber le 14 juin.

Le reportage de Delphine Gérard et Olivier Denoun :
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1ère journée du procès


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