Trois militants pour le climat jugés à Toulouse pour avoir décroché le portrait du président Macron dans une mairie

Trois militants d’ANV-COP21 poursuivis pour vol sont convoqués au tribunal de Toulouse ce vendredi 2 avril. Ils avaient décroché le portrait du président de la République Emmanuel Macron dans la mairie de Mérenvielle (Haute-Garonne).

En mars 2020, des militants d'ANV-COP21 ont tenté d'aller à l'Elysée rendre des portraits officiels d'Emmanuel Macron décrochés dans des mairies
En mars 2020, des militants d'ANV-COP21 ont tenté d'aller à l'Elysée rendre des portraits officiels d'Emmanuel Macron décrochés dans des mairies © J.Mattia/MAXPPP

Virgile fait partie des trois prévenus qui comparaissent ce vendredi 2 avril pour le vol d’un portrait officiel d’Emmanuel Macron dans la mairie d’un village, à Mérenvielle en Haute-Garonne.

Il risque jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Les faits remontent à juillet 2019. Pour ce militant d'ANV-COP21, le but était clairement de montrer l’inaction du gouvernement face à la crise climatique et sociale. Avec Clarisse, également militante d'ANV-COP21 il a "décroché" le tableau du président qui trônait dans le bureau de la municipalité. Un acte politique revendiqué. La troisième prévenue, Alice, n'était pas présente au moment des faits. Elle a été placée en garde à vue, comme les autres, parce qu'elle était venue manifester son soutien sur le parking de la gendarmerie. Leurs avocats vont plaider la non qualification de vol, l'état de nécessité et la liberté d'expression.

Un rassemblement de soutien est organisé vendredi dès 8 heures devant le palais de justice de Toulouse.

 

En décrochant les portraits présidentiels dans plusieurs villes de France au cours de l’année 2019, ANV-COP21 entendait rappeler au gouvernement d’Emmanuel Macron ses engagements pris lors de la COP 21 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

"L’idée de cette campagne, explique Virgile, c’était d’alerter et de mettre l’Etat face à sa responsabilité dans la crise climatique."

Des procès dans toute la France

De nombreux procès similaires ont déjà eu lieu. A Amiens, un militant de 19 ans comparaissait mardi 23 mars. Le parquet a requis contre lui 250 euros d’amende avec sursis pour vol et 250 euros avec sursis pour refus de prélèvement ADN.

En octobre à Auch, cinq militants ont été relaxés au nom de la liberté d'expression. Ils étaient poursuivis pour vols en réunion après avoir "décroché"  eux aussi des portraits du président dans trois communes gersoises. L'audience a duré quatre heures. "On a été surpris du temps laissé pour nous exprimer, dit Théaud, l'un des prévenus. Nous avons pu être écoutés." Un procès en appel aura lieu à Agen.

A Lyon, en septembre 2019, le tribunal a reconnu l'Etat de nécessité et a relaxé les militants mais ils ont été condamné en appel. L'affaire sera examinée par la cour de cassation.

Des actions citoyennes non violentes

ANV-COP21 se définit comme un "mouvement populaire et non violent pour relever le défi climatique".

L’objectif notamment est de dénoncer les projets politiques aggravant le changement climatique. Les actions se déroulent sur un même concept à plusieurs endroits simultanément. Dimanche, des militants ont ainsi collé des affiches sur les permanences électorales de plusieurs députés dont celle de la députée de Haute-Garonne Sandrine Mörch pour dénoncer le manque d’ambition du projet de loi climat.

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