Un absentéisme faible, des accidents en baisse : les 35 h en quatre jours plébiscitées par une entreprise spécialiste du bois

Les 35 h en quatre jours. Beaucoup de pays l'expérimentent. À Sainte-Foy-d'Aigrefuille (31) l'entreprise Bois Design spécialiste dans l'ossature bois, l'a mise en place depuis plusieurs mois. Cette organisation du travail s'applique pour ces 21 salariés. Après un an d'application, le bilan est globalement positif.

Si de nombreux pays l’adoptent déjà ou effectuent des périodes de test comme le Royaume-Uni, l’Islande, l’Espagne ou encore la Belgique, la France n’a pas encore véritablement pris position sur la question de la semaine de quatre jours.

"On est plus productif"

Des expérimentations sont menées aux quatre coins de l'hexagone comme à Toulouse. Nous avons rencontré l'entreprise Bois Design, spécialisée dans l'aménagement de terrasses en bois et installée à Sainte-Foy-d'Aigrefeuille près de Toulouse. Elle l'expérimente depuis plus d'un an.

Le jeudi les travailleurs de Bois Design se préparent à partir en week-end. Le vendredi, l'entreprise est fermée. Les 21 salariés de cette entreprise haut-garonnaise travaillent donc quatre jours par semaine, une nouvelle organisation du temps de travail qu'ils apprécient.

Pendant mon apprentissage, j'ai connu la semaine de 5 jours, c'est plus long, on sent qu'on est de plus en plus fatigué au fur et à mesure des semaines. On attend les congés avec impatience. Alors que là, on est plus productif sur le chantier, cela me permet d'être plus reposé le lundi quand on reprend.

Thibaud Rommelaere, Charpentier

Moins d'arrêts maladie et d'accidents du travail

Cette initiative est venue du dirigeant de l'entreprise dans le souci de préserver ses équipes et soucieux de leurs équilibres de vie. En échange d'un allongement du temps de travail de 45 minutes par jour, le vendredi n'est plus travaillé pour ces salariés. Après un an d'expérimentation, le premier bilan est plutôt positif, selon le PDG de Bois Design. 

Tout le monde s'y retrouve. On a un taux d'absentéisme très faible. L'accidentologie a aussi nettement baissé, elle est quasi nulle alors qu'avant on avait deux ou trois accidents de travail. Pour cet aspect-là, c'est très positif.

Gilles Bonzom, PDG entreprise Bois Design

Travailler moins mais mieux

Malgré ce mieux-être pour ses salariés, le chef d'entreprise a quand même dû remobiliser ses équipes en début d'année. En effet contrairement à ce que l’on pourrait penser, l'idée n'est pas de travailler moins mais mieux. C'est-à-dire autant mais en moins de temps. Le principe est simple, il tient en un mot : efficacité.

En fait, le concept de la semaine de quatre jours repose sur l’idée que la productivité ne doit pas forcément rimer avec temps long, et que l'on peut, selon les postes, avoir la même charge de travail en moins de jours.

Suivre la performance et la compétitivité

Évidemment, les journées sont plus longues mais la rémunération ne change pas. La quantité de travail effectuée doit rester la même. La question de la performance est donc suivie de près. "On était en train de perdre en performance et en compétitivité, il y a eu un recadrage en début d'année, il faut être vigilant à tout cela", précise Gilles Bonzom. 

Pour ce chef d'entreprise la mise en place de la semaine de quatre jours ne peut pas être un copié-collé mais elle doit être pensée sur mesure pour chaque entreprise en fonction de son activité et de ses contraintes. Une chose est sûre pour ces salariés, la qualité de vie au travail est meilleure.

Le salaire est le même et pourtant on a un jour de repos en plus. Et puis 45 min de travail en plus par jour ce n'est rien, une fois qu'on est lancé, on est lancé.

Thomas Cadet, charpentier chez Bois Design

Sur l'année écoulée, à masse salariale égale, avec la mise en place de la semaine à quatre jours, cette PME haut-garonnaise a augmenté son chiffre d'affaires.