Une clinique de Toulouse propose une solution innovante, le ballon intra-gastrique, pour lutter contre l'obésité

A la clinique Pasteur de Toulouse (Haute-Garonne), le service gastro-entéronlogique propose une solution peu connue pour lutter contre le surpoids et l’obésité. Un ballon rempli d’eau que l’on vient placer directement dans l’estomac. Explications.

Le ballon intra-gastrique peut contenir jusqu'à 700 ml d'eau stérilisée.
Le ballon intra-gastrique peut contenir jusqu'à 700 ml d'eau stérilisée. © Sterlab.

On ne présente plus l’anneau gastrique, technique chirurgicale, généralement utilisée en dernier recours pour aider les patients atteints d’obésité à perdre du poids.

Depuis un an, la clinique Pasteur de Toulouse propose une alternative, le ballon intra-gastrique. "Le principe est simple, explique le docteur Maeva Guillaume, gastro-entérologue. C'est un petit ballon rempli d'eau stérilisée, entre 500 et 700ml. On le place ensuite dans l’estomac, sans aucune chirurgie. On passe par les voies naturelles, ici la bouche. C'est ce qu'on appelle une endoscopie".

Le ballon se place dans l'estomac par voie orale.
Le ballon se place dans l'estomac par voie orale. © Sterlab.

Eviter la chirurgie

C'est d'ailleurs tout l'intérêt de cette technique, née dans les années 80, mais peu utilisée avant qu'elle ne soit perfectionnée ces dernières années : "Elle peut être utilisée sur des patients qui ne sont pas concernés par la chirurgie, précise le Dr. Guillaume. On ne préconise une intervention chirurgicale que lorsque l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 40. Mais le ballon peut être utilisé chez les patients dont l'IMC dépasse les 27."

Une perte de poids de 20%

Pendant un an, le ballon va ainsi réduire considérablement la sensation de faim du patient, conduisant à une perte de poids, généralement autour de 20% de la masse graisseuse. "Le ballon seul ne suffit pas, rappelle le Dr. Guillaume. A la clinique, le patient est aussi accompagné par une nutritionniste, une diététicienne et une psycologue. On travaille en profondeur pour changer ses habitudes alimentaires". Deux patients sur trois conservent cette perte de poids à long terme. 

Bien sûr, la pose du ballon n’est pas sans risques, même légers. "Dans les premiers jours on peut observer des nausées, des crampes abdominales ou des vomissements. Mais avec une médication la première semaine le ballon est vite accepté par l’organisme", explique la gastro-entérologue. S’en suit un traitement d’un an, pour éviter toute sécrétion d’acide gastrique qui pourrait endommager le ballon.

En 2020 une quinzaine de patients de la clinique Pasteur ont bénéficié d'un ballon intra-gastrique.

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