VIDEOS. On a testé pour vous un concert de reprises du groupe Pink Floyd : c'est bluffant

Plusieurs groupes de reprises se produisent actuellement sur scène pour raviver la flamme des formations originales : Queen, U2, AC/DC, Oasis et bien sûr les Pink Floyd. On vous amène dans les coulisses de So Floyd. Ils sont Français et cette bande de copains est actuellement en tournée pour un show très bluffant. Reportage lors de leur concert à Toulouse.

"Au départ, nous n'avons pas monté ce show pour les Zéniths mais pour se faire plaisir entre potes!"

Fabrice Di Maggio est aujourd'hui le directeur musical du groupe So Floyd et l'un des 5 coproducteurs. Lorsqu'avec Laurent Begnis, ils ont lancé ce projet pendant la période de pandémie, ils n'imaginaient pas aller si loin. Le 4 février 2023, premier Zenith à Toulon. D'autres ont suivi, notamment celui de Toulouse le 16 mars.

Le groupe nous a ouvert toutes les portes et les coulisses pour partager de manière privilégiée leur aventure un peu folle et totalement réaliste.

Des copains face à un légende

S'attaquer à une telle légende n'est pas une mince affaire. Surtout quand le créneau est déjà pas mal occupé. D'abord les Brit Floyd, des Britanniques comme les Pink Floyd qui tournent cette année et depuis 2011. Bien avant eu, The Australian Pink Floyd show s'est produit dans 35 pays. Ils ont même été "adoubé" par David Gilmour. Alors, quelle place pour So Floyd, so frenchies ?!

Quand on met les pieds au Zenith de Toulouse ce vendredi 16 mars, Karine nous accueille avec un large sourire. C'est la choriste du groupe et l'une des 5 personnes à produire le show. Pour la petite histoire, pas de mécène, pas de producteur extérieur mais plusieurs membres du groupe qui ont du financer le projet et donc flipper un peu depuis. 

Partout dans le Zenith, ça fourmille. Pas de pression mais une ambiance de franche décontraction entre potes. Pour la plupart, ils se connaissent depuis plus de 20 ans : les musiciens, la régie son, les lumières. Une quarantaine de personnes en tout. "Il y a 20 ans, nous avions créé le groupe Copycat qui reprenait déjà les Floyd. Au moment du premier confinement, Alain le guitariste m'appelle pour me dire : on s'emmerde! On monte un truc sur les Floyd?"

Quelques coups de fils plus tard, Fabrice Di Maggio tient son groupe et son projet. Des Français à l'assault d'un mythe.

"On a bossé 9 mois, chacun de son côté. Notre ingé son a un studio. On enregistrait, on écoutait. On croit que les Floyd sont drogués... Mais c'est juste qu'il y a des trucs de génie dans leurs enregistrements! Pour moi c’est trop barré. Impossible à reproduire comme ça." 

Et pourtant... Pas facile non plus de se glisser dans les tessitures de Roger Waters et de David Gilmour. Chez So Floyd, comme dans d'autres groupes de reprises, il  y a 2 chanteurs : Jean-Philippe qui fait aussi les guitares et Gabriel, un Canadien à la voix feutrée très à l'aise dans la tessiture Gilmour ou Waters. "Le morceau Have a Cigare est quasiment injouable sur scène, d'ailleurs eux-mêmes le font quasiment jamais ! Les gens qui viennent nous voir après le concert disent que nous sommes une version moderne des Pink Floyd. C'est super ! J'attends juste qu'on me réveille! " 

Gabriel Locane a aussi tout un attirail vestimentaire pour rentrer dans les personnages.

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Gabriel Locane le chanteur lead de So Floyd nous fait voir ses costumes de scène ©Benoît Roux / FTV

Un travail de fou pour se rapprocher les Pink Floyd

Reproduire les sonorités des Floyd, l'inventivité, le chant et tout le visuel qui ont fait la légende du groupe n'est pas une mince affaire. "Je demandais aux mecs de s’enregistrer chez eux, à distance, confie Fabrice di Maggio, le pianiste et directeur musical. C'est un travail de dingo. On a mis en commun tout ca. C'était le confinement et le Zenith de Toulon était libre. Le directeur a cru en notre histoire et nous a laissé la salle pour répéter."

Mais répéter quoi ? "Il faut choisir entre les versions. Aucune n’est pareille. Nous sommes partis sur les lives. On a choisi la version qu’on voulait mettre en exergue, déclare Karine Arenas l'une des 3 choristes. Notre boulot c'est de sonner comme un instrument. Il a fallu trouver la bonne formule. On a écouté tous les morceaux à mort." 

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Les choristes de So Floyd en pleine répétition pour le morceau "Comfortably Numb" ©Benoît Roux / FTV

Tous les sons de guitare, les claviers, les chœurs, le chant, les bruitages, ont été analysés. Heureusement, toute la troupe se connaît bien. Les musiciens ont accompagné des chanteurs de variété comme Goldman, Hallyday, Khaled, ou Gilbert Montagné entres autres. 

Pour la magie, aux manettes son et lumières on retrouve 2 frères jumeaux. "Nous avons enregistré une répétition pour que je puisse la travailler chez moi, confie Serge Begnis au son. La tournée PULSE de 1994 nous a servi de base. Nous avons tout recréé. Le travail sur les voix et le son des guitares de Gilmour ont été les plus compliqués. Petit, j'écoutais beaucoup les Floyd avec mon frère. Je suis très ému de vivre ça."

Le visuel est tout aussi confondant. Le groupe a repris la cerce de 6m de haut et plusieurs éléments des Floyd. "Dès le début, je leur ai dit qu'il fallait une scène de 6 mètres et 35 machines. C’est le minimum. Il faut tirer vers le haut. Si ça n'avait pas été le cas, je ne l'aurai pas fait," reconnaît Laurent Begnis à la régie lumière. 

Le groupe en profite pour répéter, toujours "chez lui" au Zenith de Toulon pendant le 2e confinement. On était en résidence. Le directeur du Zenith de Toulon nous dit : maintenant il faut aller au feu. Initialement c’était un kiff de musicien. Quand on regarde le résultat, on est plus que contents." Paroles de directeur musical. 

Après plus de 2 ans de recherche et de travail, le résultat peut s'entendre en live depuis la tournée démarrée en février 2023. "C’est une histoire d’alchimie. Parfois ça marche mais il n'y a pas la magie. Là, y a les bons musiciens et il y a la magie. Normal, on se connaît tous depuis 25 ans."

L'amitié certes mais le talent aussi.

Nous ne sommes pas des artistes mais des acteurs qui rendent hommage à leurs maîtres.

Fabrice Di Maggio, pianiste, producteur et directeur musical de So Floyd.

"en fermant les yeux, on croirait les Pink Floyd"

A quelques minutes du concert, le Zenith de Toulouse se remplit bien mais pas de pression au sein des équipes. La bonne humeur est toujours de mise. Après avoir travaillé sur beaucoup de morceaux, 18 ont été retenus pour le show. 

Dès les premières notes de Sorrow, pas de doutes, on devine que le show sera réussi. 13 musiciens sur scène dont 3 choristes, un light show qui n'en fait pas 10 caisses mais très efficace. Le son est tout aussi impeccable. "Quand on ferme les yeux, c'est bluffant. On dirait les Floyd," reconnaît un spectateur juste à côté. 

Comme pour les tournées de 88 ou 1994, les ingrédients du mythique groupe anglais sont là. Un vidéaste a tourné des images qui servent de fonds dans la grande sphère de 6 mètres. Et c'est François Ducarouge, le plus jeune de l'équipe et le seul qui n'avait pas l'âge pour voir les Pink Floyd sur scène qui réalise des prouesses. "On a quelqu’un qui a fabriqué les médias car ce n'était pas possible de reprendre les originaux. On s’en est inspiré. On vient ré-inscruster de la réal par dessus. Nous avons 4 caméras qui filment musiciens et chanteur. On diffuse quelque chose sur tous les morceaux."

Le show est découpé en 4 actes. En premier les titres post Roger Waters extraits du dernier album. 2e acte jusqu'en 1973 avec ce morceau de bravoure pour les chœurs parfaitement exécuté avec de très beaux arrangements sur "The Great Gig In The Sky".

Les guitares lead d'Alain Perez ou de Jean-Philippe Hann qui chante aussi sur plusieurs morceaux sont ultra crédibles. "Je préfère la période Waters car je suis un rocker reconnaît Jean-Philippe Hann. Mon cousin germain était plus vieux et me faisait écouter. J’en ai mangé. Il faut s’imprégner. Notre boulot c’est de devenir des éponges, d’absorber le son, l’énergie. Il ne suffit pas de jouer les notes. Il faut comprendre de quoi on parle. On savait qu’on faisait un truc bien mais on pensait que ça prendrait plus de temps. L’accueil est dithyrambique. On fait un putain de show !"

Entre morceaux plus confidentiels et les tubes que sont "Money" ou "Another brick in the wall", l'alchimie est presque parfaite. 

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Le tube "Another brick in the wall" repris par le public au Zenith de Toulouse ©Benoît Roux / FTV

Dans le public, le concert est comme une madeleine de Proust musicale, une messe païenne exutoire. "J'ai vu Gilmour en 2016, c'était monstrueux. Là c'est pareil : les voix, la musique, les lumières, tout est parfait. Les Pink Floyd ont jalonné mon enfance. Et là, je m'y retrouve." Comme ce Monsieur, le public a passé majoritairement la cinquantaine. Mais il y a aussi des familles, avec plusieurs générations : "mon père m'a amené voir les Floyd quand j'étais gamine. Je voulais que mon fils connaisse ça aussi."

Les 2h de concert passent très vite, trop vite. Plus qu'une copie, le show de So Floyd mène les mélomanes et les fans sur des terrains connus avec d'autres parfums. Ultime surprise et clin d'œil, sur le magnifique Comfortably numb, une énorme boule-fleur à facettes descend du plafond du Zenith. "L'un de nos ingénieurs a réussi à la fabriquer. Il y a passé une année", affirme Fabrice di Maggio.

La beauté d'un show se joue sans doute à des détails. Les artistes de So Floyd n'ont rien laissé au hasard. La tournée se poursuit un peu partout en France dans plusieurs grandes salles.

Le groupe est aussi en pourparlers avec d'autres pays comme la Belgique pour novembre prochain ou l'Allemagne. Il sera de retour en Occitanie (Narbonne) le 2 février 2024.

Une grosse surprise serait prévue l'an prochain en janvier au Futuroscope de Poitiers. So Floyd est en train de se faire un nom.

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