Viol à Sciences Po Toulouse : "on se dirige vers un non-lieu mais le mal est fait" selon l'avocat de l'agresseur présumé

L’étudiant à Sciences Po Toulouse accusé de viol par une jeune étudiante a été mis en examen. Le jeune homme, placé sous contrôle judiciaire conteste toujours les faits. Ses avocats déplorent l’emballement des réseaux sociaux,"on se dirige vers un non-lieu mais le mal est déjà fait".

Photo d'illustration. Une étudiante de Sciences Po Toulouse a porté plainte pour viol le 6 février dernier contre un étudiant pour des faits qui se seraient déroulés lors d'une soirée d'intégration en 2018
Photo d'illustration. Une étudiante de Sciences Po Toulouse a porté plainte pour viol le 6 février dernier contre un étudiant pour des faits qui se seraient déroulés lors d'une soirée d'intégration en 2018 © L.Bonaventure/AFP

Juliette, une étudiante en Sciences Politiques à Toulouse a déposé plainte accusant un étudiant en 4ème année de l’avoir violée en 2018 au cours d’une soirée d’intégration de l’Institut. Le jeune homme placé en garde à vue a été mis en examen, sous contrôle judiciaire et laissé libre contre l’avis du parquet. La juge d’instruction et le juge des libertés ayant refusé la demande d’incarcération du procureur de la République. Défendu par Maître Julien Aubry et Maître Séverine Bouchaid, l’étudiant conteste l’accusation de viol. Pour les avocats, "la machine à broyer des réseaux sociaux a malheureusement bien fonctionné, où est la présomption d’innocence ? Avant tout dépôt de plainte, notre client a fait l’objet d’allégations de viol sur les réseaux sociaux", explique Me Julien Aubry.

"On se dirige vers un non-lieu mais le mal est déjà fait"

"Notre client conteste l'accusation de viol et à raison", précise Me Aubry.

Nous avons fourni des éléments qui tendent à démontrer qu’il n’y a pas eu de viol commis par cet étudiant en 4ème année de Sciences Po Toulouse. Des documents qui montrent à minima l’incohérence du discours de la jeune fille. On se dirige vers un non-lieu dans cette affaire mais le mal est déjà fait.

Les allégations de viol diffusées sur les réseaux sociaux se sont répandues dans l’IEP comme une trainée de poudre, "notre client s’est retrouvé isolé, jugé coupable aux yeux de tous alors que la plainte n’avait pas encore été déposée", précise Me Aubry.

 

 Il y a eu la diffusion de l’accusation de viol sur les réseaux sociaux relayée par des associations bien avant qu’il y ait un dépôt de plainte.

Pour le moment, le jeune homme ne souhaite pas faire de commentaire mais selon ses avocats il espère que son accusatrice ne refuse pas à nouveau une confrontation. Une première confrontation qui lui aurait permis, au début de la procédure pénale, "de mettre en lumière les incohérences et approximations du discours de la jeune fille. Cette confrontation elle l’a refusée, c’était pourtant la moindre des choses au vue des éléments du dossier".

Présomption d’innocence ?

Selon les avocats, les éléments fournis et explications probatoires ont conduit la juge d’instruction et le juge des libertés et de la détention à ne pas faire droit à la demande d’incarcération du procureur de la République.

Nous espérons désormais que les droits de la défense seront respectés à commencer par la présomption d’innocence. La justice ne doit pas être parasitée par la pression des réseaux sociaux et celle des médias.

 

Pression sociale et universitaire

Le directeur de Sciences Po Toulouse à fait savoir qu'il allait prendre des mesures pour que les deux étudiants ne se croisent plus dans l'établissement. Ces mesures conservatoires posent question aux avocats."Comment se fait-il que notre client ait eu l’information par voie de presse avant même de recevoir une notification ? Pourquoi n’a-t-il jamais été reçu par l’institution universitaire alors que ces mesures de conservations ont été prises suite aux entretiens effectués avec la plaignante ?" 

Il faudrait réviser le droit à la présomption d’innocence, rajoute l'avocat , "d’autant plus qu’il a été promis à la jeune fille après ses révélations qu’il y aurait des poursuites disciplinaires".

L’enquête se poursuit et les avocats du jeune étudiant attendent désormais que la plaignante soit entendue par la juge d’instruction et que la confrontation si attendue par leur client ait enfin lieu. "On est loin du compte, on est très très loin du viol", précise Me Aubry.

"La présomption d'innocence ne vaut pas présomption de mensonge de la victime"

Dans un communiqué, la jeune fille Juliette et ses avocates Mes Sara Khoury-Cardoso et Janaina Leymarie ont réagi aux propos de Me Aubry.
 

Nous rappelons que contrairement à ce qui est affirmé par voie de presse, il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable que la personne visée par la plainte ait pu participer à la commission des infractions qui lui sont reprochées. C'est la raison pour laquelle elle est mise en examen pour des faits de viols et placée sous un strict contrôle judiciaire. 

Elles rappellent dans ce communiqué que "la présomption d'innocence ne vaut pas présomption de mensonge de la victime".

Nous rappelons que dans cette affaire c'est la vie de Juliette qui a été brisée par les faits de viols dont elle a été victime, que c'est aussi la vie de Juliette qui est exposée dans les réseaux sociaux et les médias et ce alors même qu'elle n'a divulgué aucune information identifiante sur la personne qui l'a violée.

"Juliette entend laisser la justice faire son travail. Dans cette attente, il n'est pas acceptable qu'elle fasse l'objet de discussion pour savoir si elle est une bonne ou mauvaise victime. Juliette maintient les déclarations qu'elle a pu faire jusqu'alors. Elle souligne que les informations communiquées dans la presse ou encore dans les réseaux sociaux ne permettent en rien d'identifier son agresseur et que cela résulte d'un choix de sa part afin de laisser la justice faire son travail".

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