Crash de l'hélico de la gendarmerie dans le Vignemale : un rapport pointe une erreur de pilotage

Les débris de l'hélicoptère de la gendarmerie / © Gendarmerie
Les débris de l'hélicoptère de la gendarmerie / © Gendarmerie

L'accident avait fait 4 morts le 20 mai 2016. Le rapport du Bureau Enquêtes Accidents Défense Air (BEAD-air) estime qu'une erreur de pilotage est à l'origine du crash. 

Par Fabrice Valery

Les enquêteurs du Bureau Enquêtes Accident Défense Air ont publié leur rapport concernant le crash de l'hélicoptère EC 145 du détachement aérien de la gendarmerie de Tarbes, le 20 mai 2016, dans le couloir de Gaube sur la face nord du Vignemale. Un accident qui avait fait 4 morts, les deux membres d'équipages et les deux passagers du PGHM de Pierrefitte-Nestalas qui participaient à un exercice de sauvetage en montagne. 

Et ce rapport indique que l'appareil n'a pas subi d'avaries, qu'il n'a pas été victime d'un phénomène météo. Pour les enquêteurs, qui ont examiné la carcasse de l'hélicoptère et examiné l'ensemble des paramètres de vol, c'est sans doute une erreur de pilotage qui a conduit à ce crash : l'hélico s'est rapproché de la paroi et le pilote n'a pu éviter le choc. Une erreur humaine conjuguées à des circonstances particulières.

Selon ce rapport, les causes de cet accident sont à la fois :
  • "une combinaison de défauts d'attention (NDLR : focalisation de l'attention du pilote sur la paroi de gauche et pas de celle de droite) et de difficultés de perception (faible visibilité de la saillie basse du Piton Carré, perception approximative des distances et du diamètre rotor, masquage pas un montant du cockpit, neige sur le pare-brise) qui limite la capacité du pilote à mener une action corrective"
  • "la répétition des rotations qui aboutit à l'installation de routines qui conduisent le pilote à réaliser un décollage rapide".
  • "le sentiment de maîtrise de la situation par le pilote lié à l'expérience et l'expertise de la haute-montagne". 
  • "la représentation imprécise du relief avant le décollage qui conduit le pilote à réaliser un décollage à faible hauteur dans le couloir de Gaube"
L'appareil était à une altitude de 3150 mètres quand il a de nouveau décollé à 12h05 dans le couloir de Gaube. A 7 mètres du sol, le pilote a entreprise un virage à 90 degrès sur la droite. Les pales ont alors heurté la paroie sur la droite et l'hélico est devenu incontrôlable. L'appareil sera retrouvé à 2550 mètres dans la neige, soit 600 mètres plus bas. 
Photo d'illustration / © maxppp
Photo d'illustration / © maxppp

Dans leurs rapports, les enquêteurs font également des recommandations à la gendarmerie nationale, à la suite de cet accident
  • "rappeler aux équipages, même dotés d'une solide expérience, la nécessité de prendre le temps d'analyser les obstacles dans la zone d'envol.
  • d'étudier l'emploi de systèmes embarqués de détection d'obstacles sur la flotte d'hélicoptères.
  • d'améliorer, en relation avec Airbus Helicopters, la visualisation des extrémités de pales du disque rotor principal.
  • rappeler l'emploi de l'essuie-glace est nécessaire dès qu'il existe un dépôt de neige fraîche. 
  • faire évoluer l'EC145 vers une version adaptée aux besoins des unités "montagne"
  • préconiser l'emploi d'additif anti-glace à partir de - 10 degrès.
  • équiper les EC145 d'enregistreur de vol (vidéo, voix et paramètres)
  • d'équiper les hélicoptères de balises de détresse tridirectionnelles". 

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